Posts by: Daidix

Voyageur-geek-photographe et fan de bon son !

C’est bientôt la fin de la saison à l’Espace Django, mais avant de remballer pour l’été, il restait encore quelques pépites dans la programmation et ce soir c’était au tour de la jeune formation d’Al-Qasar.

La soirée ouvre avec l’équipe d’Allawi Brothers. Le texte de présentation indiquait ceci : « La vie a réuni à Strasbourg trois vieux potes de Syrie qui n’avaient jamais fait de musique et un musicien alsacien qui ne connaissait rien à la culture arabe». Effectivement, le groupe n’atteindra pas des sommets de composition ou d’interprétation musicale, mais le premier boys band syrien de Strasbourg le sait bien et joue sur son capital sympathie : ambiance à la cool, son 90s envoyé depuis l’ordinateur et peignoir obligatoire sur scène. On passe un moment sympa, mais on n’est pas fâché de passer à autre chose à la fin du set.

Allawi Brothers

Changement de ligue avec Al-Qasar et son rock psyché-oriental. Peu de sons sont actuellement sortis, mais les deux singles disponibles laissaient présager de bien belles choses et on n’a pas été déçu.

Fondé par Thomas Bellier (producteur franco-américain dit sa bio), le groupe revisite l’arrivée du rock dans les années 70 dans le monde arabe. On retrouve ce soir-là 6 musiciens sur scène : les traditionnelles basse/batterie à la rythmique, augmenté d’un percussionniste, la guitare électrique et le Oud aux mélodies et Jaouad El Garouge de Global Gnawa au chant.

Al-Qasar

Petit changement de line-up donc, puisque le poste est assuré par Simo Bouamar à l’origine. Idem pour le Oud ou Medhi Haddab est remplacé par une fraîche recrue égyptienne (dont j’ai oublié le nom malheureusement).

On se rend très vite compte que notre équipe de musiciens semble avoir pas mal d’heures de scène au compteur : ça joue bien, très bien ! La section rythmique et percus envoie un groove hypnotique, pendant que les cordes nous embrouillent, tantôt le oud sonne comme une guitare, puis c’est la guitare qui sonnera comme un oud. Le jeu de guitare de Thomas Bellier est assez impressionnant, je n’avais jamais entendu une guitare sortir ce genre de sons (à grand renfort de pédales d’effets, certes, mais avec une maîtrise et une aisance rare).

Al-Qasar

Du côté du chant Jaouad El Garouge se charge d’apporter la dernière touche à l’édifice psychédélique construit par ses collègues. Son chant et ses mouvements sont totalement magnétiques et il embarque les derniers récalcitrants dans le monde d’Al-Qasar, à la croisée des genres et des cultures.

Al-Qasar

Au chapitre des regrets, on notera quand même l’absence de Medhi Haddab au Oud. Il s’agit probablement du oudiste qui s’approche le plus d’un guitar-hero, et je suis sûr que son jeu aurait fait trembler le sol de l’Espace Django.

Autre petit regret, le public qui ne s’était pas vraiment déplacé en masse. Certes ce dernier était convivial et de qualité, mais c’est un peu décevant de voir une formation de ce niveau jouer devant si peu de monde.

Quoi qu’il arrive, on a été vraiment conquis par le groupe et son univers. Bien loin de certaines appropriations culturelles, il s’agit ici d’une réelle rencontre de cultures et de musiques, qui s’enrichissent les unes des autres, le tout avec une proposition live d’une rare qualité.

Après l’avoir croisée il y a quelques années au sein des Shougashack, on était curieux de voir le nouveau projet solo de Clelia Vega. On avait pu la suivre de loin, faire une tournée intimiste des apparts de France accompagnée de Rity Mabon à la guitare.
On essaie de recréer cette ambiance folk “comme à la maison” dans le salon de l’hôtel Arvor à Paris. C’est parti pour la douceur du jour !