Les Eurock comme si vous y étiez // Day 2

L’équipe de reporter de choc a tenté pour vous le camping des Eurocks. On a pas beaucoup dormi, les voisins sont festifs, on est levé tôt à cause du soleil, la file d’attente aux douches est interminable… Emportez le jeu de cartes avec vous, vous en aurez besoin.Mais c’est aussi la douche en maillot de bain au jet d’eau dans la gadoue qui fait l’esprit du festival !

Le Prince Miiaou

Cette fois-ci, je ne loupe pas le premier groupe de la journée, et c’est avec Le Prince Miiaou qu’on se met dans l’ambiance. Maud-Elisa chante ou plutôt parle avec ses trippes. Accompagné d’un batteur et d’un violoncelliste pour la scène, elle crie son angoisse tout en gardant une légèreté facétieuse entre les chansons. Difficile de résister au charme de la fragile demoiselle qui n’hésite pas à mettre une cape et un casque de ski – juste pour le plaisir de faire n’importe quoi.

The Bewitched Hand On The Top Of Our Heads

Quoi qu’on en dise, on est moins frais qu’on en a l’air. Pour se remettre de nos émotions, on se met en quête d’un thé, et en passant devant le chapiteau, on entend the Bewitched. Tous ceux qui les avaient vus en live m’avaient rapporté que leur concert était une cacophonie inécoutable (parce que certaines sont joyeuses). Mais leur folk psyché à souhait donne des allures de woodstock au festival. Un petit plus hippie non négligeable.

Broken Social Scene

On continue dans l’ambiance tribu de barbus avec Broken Social Scene, dont je m’écoute le dernier album Forgiveness Rock Record un peu en boucle en ce moment. Assis tranquillement sur la pelouse, la Grande Scène n’est pas encore surpeuplée à cette heure de la journée. J’aime à les écouter sans me poser de question, juste en me réjouissant d’une section cuivre ou de l’apparition de la voix aérienne de Lisa Lobsinger, qui me donne l’impression de voler. Ce qui me touche c’est la sincérité du groupe, autant dans leur jeu, que dans leur relation avec le public. La seule chose qui me perturbe c’est à savoir si leur musique est calibrée pour atteindre tous les cœurs ou si comme elle vient du cœur, elle est universelle. Mais le final est tellement empli d’allégresse que je chasse rapidement ce doute pour être toute à la célébration de l’amour qu’ils nous envoient. « We Believe In You » nous lancent-ils – festival de hippie, je vous l’avais dit !

General Elektriks

Assommée par mes coups de soleil, je me réfugie à l’ombre, et loupe de ce fait Airbourne. Certains rigolent sur ces ersatz des Australiens d’ACD/DC, les autres s’émerveillent sur le solo de guitare acrobatique à 20m du sol. Pas besoin de motivation cependant pour aller voir General Elektriks, que je n’avais toujours pas vu alors que je connais Good City For Dreamers par cœur. La musique s’empare de moi, ça pulse, je groove, et souris en voyant Hervé sautillant derrière son clavier. Son bassiste n’est pas de reste, ondulant ou prenant des poses dignes des divas des podiums.

Helicopter, Little Lady, Raid The Radio, David Lynch Moment : les tubes s’enchaînent, on a même le droit à un solo de batterie époustouflant, sur lequel Hervé démontre des prouesses de chorégraphie. Vient son moment, un magnifique solo de synthé, sur lequel il joue comme sur un djembé. L’ovation est assourdissante, et Hervé est plus que touché par la chaleureuse réaction du public ; mais à mon sens, on ne reçoit que si on donne.

Memory Tapes et Sawah

La curiosité est un vilain défaut ? c’est elle qui m’a menée au Club Deville pour découvrir Memory Tapes. Le début du set est un peu hésitant, assez rock et le chant est porté par une voix mal assurée. Mais peu à peu, la voix se pose et le son prend de la puissance balançant dangereusement du côté électro de la force. Cette découverte mériterait d’être ré-écouté sur disque.

Pas loin de là se déroulait un concert exceptionnel. Sawah c’est la rencontre entre Hindi Zahra et El Tambura, un groupe de folk orientale égyptien. Hindi oscille donc entre un show à la Tina Turner et des chansons traditionnelles comme enrobées de loukoum. Son hit Stand Up est donc repris en arabe, avec les trois chanteurs d’El Tambura, plus très jeunes, dansant tel un boys band. Une photo pittoresque qui ravit le public. A la croisée des cultures, une goutte d’espoir dans un monde très ethno-centré.

The XX

La rumeur veut qu’en live, The XX n’apportent rien de plus à l’album qui a été consacré l’année dernière. Certains auront donc préféré l’univers n’importe-quoi-tesque des Sexy Sushi. Mais pour une petite pause déjeuner (même s’il est 22h30), assis dans l’herbe, c’est un plaisir de ré-écouter cet album qui mérite les critiques élogieuses qu’il a reçues. Sur scène, je ne perçois que trois ombres se mouvant tranquillement, presque flottant sur leur son, balayés par des lumières bleues : j’ai toujours eu la certitude qu’ils étaient des aliens !

The Hives

Et voici le moment que tous les fans attendaient. Après avoir annoncé une pause en 2008, The Hives reviennent sur la Grande Scène des Eurock. C’est le moment que choisit le vent pour se lever, et quelques secondes plus tard, le temps est à l’orage. Les éclairs donnent un côté dramatique au show, mais les Hives sont à la hauteur de leur réputation – jusqu’à l’uniforme,n qui cette fois-ci est piqué aux marins. Howlin’ Pelle est à mon sens le meilleur des frontmen, jouant avec le public, sautant dans la fosse, effectuant un jump monumental de batterie monté sur estrade, roulant des yeux comme réclamant la camisole, ou montrant son cul à la caméra. La furie des morceaux me rend impassible quand à la pluie incessante : nous sommes tous des ‘Sexy French Mother Fucker’, et les éléments ne nous arrêteront pas. Ils jouent avec plaisir deux morceaux exclusifs du prochain album à paraître en 2011, et apprécient de voir la foule se déchaîner sur A.K.A I.D.I.O.T, Hate to Say I Told You So, Walk Idiot Walk et TWo Timing Touch et Broken Bones, qui ont forgé leur renommée.

Vitalic

Je voulais voir We Are Enfant Terrible, plus eletro-rock, et donc plus dans mes goûts ; mais si on va dans ce sens, j’avais aussi envie de voir Ghinzu, dont je suis fan. Malgré tout, des choix s’imposent parfois. J’ai une bonne excuse : j’ai eu l’immense honneur d’interviewer les Hives à leur sortie de scène. Et revenue de cette expérience mémorable (si un tatoueur s’installait sur le site du festival, il ferait fortune) , on m’annonce que la pluie a dissuadé beaucoup de festivaliers et que la plage où se produisaient les fameux Enfant Terribles est désertée au profit de Vitalic. J’ai tout de même sauté partout, extatique pendant tout le set – mais peut-être, au vu des circonstances, n’était-ce pas du à sa musique ?

Photos par Dadix sauf General Elektricks par Lorène Lenoir

Damien aka Lajouve est connu pour avoir longuement écrit sur Zik4Zik.com

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