Eldorado Music Festival // Café de la Danse – Part I

Eldorado Music Festival // Café de la Danse – Part I

Pendant presque une semaine (du 16 au 24 septembre), j’ai établi ma résidence au Café de la Danse pour vous faire vivre de l’intérieur l’Eldorado Music festival. Ce festival qui en est déjà à sa 5ème édition, a joui d’une programmation pointue à l’avant-garde des dernières tendances musicales. Recélant de nombreux trésors, ce festival porte bien son nom. Connaisseurs ou curieux s’y sont côtoyés pour dénicher les plus belles pépites. Grâce à une subtile programmation, tous les styles musicaux s’y sont mélangés (pop, folk, electro, rock…) sans se heurter et les soirées se sont succédées sans pourtant jamais se ressembler. Retour sur ces nuits multicolores et multi-sonores, qui ont conquis un public en quête d’un possible eldorado…

 

Eldorado Music Festival // Mercredi 18 septembre

 

Brisa Roché

C’est en toute décontraction que Brisa Roché est venue dévoiler et partager en exclusivité pour le Café de la Danse les tous premiers titres de son prochain album. Non prévue dans la programmation initiale, elle est la très belle surprise de ce début de festival. A quelques mètres de la salle de spectacle, l’artiste avoue qu’elle est actuellement en studio avec ses musiciens pour travailler les morceaux de son album.
Complice et quelque peu mutine, la belle brune aux yeux de chat affiche son désir voire une impatience certaine à revenir sur scène et à éprouver ses mélodies à peine finalisées. Quelques imperfections, des paroles oubliées, tout cela fait son charme. Sur scène, elle s’entoure des musiciens qui l’accompagnent en studio. Se succède tour à tour trombone, piano à queue, basse ou guitare sèche…

 

Brisa Roche

 

Elle dévoile alors quelques titres : Zombie, You got my number ou encore Vynilized en montrant très fièrement l’édition vinyle du titre. Deux titres sont interprétés par le guitariste : John Ulysses Mitchell. Sa voix sensible et pure, touche et fait vibrer.
Connivence, amitiés et plaisir résument bien ce set enjoué. En toute simplicité, Brisa Roché séduit avec élégance son auditoire. Sans montrer le moindre effort, l’artiste fait preuve d’une grande maîtrise vocale et pour ceux qui en doutaient encore, les choses sont réglées. Ses premières amours jazzistiques ne sont jamais bien loin et son grain de voix le rappelle.

Elle ne boude pas son plaisir d’être sur scène et ne semble plus vouloir la quitter. Elle s’en amuse. Après un rappel chaudement réclamé, elle plonge la salle dans l’obscurité la plus totale et demande au public d’imaginer qu’il est sous les étoiles. Sa voix prend encore plus d’ampleur et de force, j’avoue qu’elle a réussi à me submerger par une grande émotion. Elle est puissante et fragile à la fois, sans avoir besoin d’artifices, elle est lumineuse et imposante sur scène !
Pour le dernier titre « Badaboum » composé par John Mitchell, le complice, tous les musiciens sont réunis sur scène autour d’elle. On les croirait sortis d’une colonie de vacances. C’est donc façon fanfare que se conclut ce set haut-en-couleur.

http://www.brisaroche.com

https://twitter.com/labrisadayroche

 

Roken is Dodeljik

Ceux là n’ont pas froid aux yeux ! Ces lillois (et oui avec un nom comme celui là, c’est bien un groupe français), rien ne les arrête.
Le concert débute par plusieurs avaries techniques… d’autres, auraient perdu patience, eux non. Pour patienter, Jérôme Voisin (le chanteur) fait quelques blagues sur le batteur (Nicolas Bertin) et sur le bassiste (Jérémie Point). Il commence à entonner une chanson d’attente quelques peu cavalière : « toutes les femmes sont bel…ges… « .

Roken

 

Des rires éclatent dans la salle. Vous l’aurez compris, ces garçons là ne se prennent pas au sérieux. Menée tambour battant par Jérome V. au chant, la formation même réduite de moitié (3 membres au lieu de 6), balance sur scène une pop élégante et ciselée. Le groupe attaque alors son set par Terror et Bite For Bite. Quelques personnes se rapprochent alors de la scène. Comme une bizarrerie n’arrive pas seule et alors que la température monte dans la salle, Jérôme V. arbore fièrement un look rétro avec un costume 3 pièces. La boîte à rythmes s’excite et les sonorités synthétiques épousent parfaitement sa voix oscillant entre grave et aigüe. Les mélodies sont entraînantes et joliment pop à l’instar de leur tout nouveau single, When we dance. Dès les premières mesures de Run, Kelly’s alive,

Jérôme V. invite les plus « gueudins » à le suivre dans une chorégraphie survitaminée et déjantée, digne d’une séance d’aérobic au Club Med.
C’est terriblement énergique et le groupe se donne sans complexe. Pour conclure cette folle soirée, Roken is D. nous offre une reprise pour le moins surprenante et originale, celle du tube dance planétaire, What is love d’Haddaway. Il fallait l’oser, Roken l’a fait !

http://roken-is-dodelijk.blogspot.fr

 

Eldorado Music Festival // Jeudi 19 septembre

 

Hooded Fang

 

Quand les quatre membres de Hooded Fang débarque sur la scène, menée par son chanteur/leader Dan Lee, on ne s’attend pas à de la musique de chambre.

Pour son premier concert en France, le groupe originaire de Toronto a su s’imposer comme la très bonne surprise de ce festival. Déversant un rock énergique, à renfort de guitares surf, les rythmiques sont terriblement dansantes et il est difficile de ne pas se prendre pour un de ses chiens secouant la tête mécaniquement sur la plage arrière d’une voiture. Entre ces quatre là, la symbiose est totale. Les mélodies tourbillonnent, les riff de guitares fusent, portés par des percussions fracassantes à vous en percer les tympans. C’est fichtrement bon ! Entre pesanteur et apesanteur, les morceaux ne font jamais dans le rock propret et policé. Quand à la voix de Dan Lee, elle est irréprochable et explose sur chacun des morceaux. Le public apprécie et moi, je vous recommande sérieusement de vous mettre à jour car on va très rapidement entendre parler d’eux.

A noter que leur tout nouvel album Gravez est sorti récemment.

Membres du groupe :

  • April Aliermo – basse, choeur
  • Daniel Lee – chant, guitare
  • Lane Halley – guitare, trompette
  • D. Alex Meeks – Batterie

http://hoodedfangmusic.wordpress.com

 

Gramme

gramme_vignette

 

21H. Gramme entre en scène sous des applaudissements plus que nourris. Sans transition, nous quittons le rock « noisy » de Hooded Fang, et nous voilà projetés dans l’ambiance d’un night club new-yorkais 80’s.
Bon je vais être honnête, quand j’ai appris que Gramme était dans la programmation du festival, je n’ai pas hésité deux secondes. Quand on vous parle d’un groupe « culte », on se dit bien souvent que le terme est galvaudé, que cela n’a plus trop de sens… mais croyez-moi Gramme est un ovni musical qu’il vous faut découvrir… et en a inspiré plus d’un.

Disparu depuis près de 10 ans, le groupe mythique d’outre manche, nous revient avec un sublime album Fascination. Le set débute d’ailleurs par le titre Fascination. Une entrée en matière plutôt bien trouvée pour donner la mesure : c’est psyché, brumeux et terriblement sexy… La chanteuse Sam Lynham en véritable star disco funk (une sorte de Donna Summer blonde, jusque dans le look), ondule son corps et ne tient pas en place. Le bassiste Luke Hannam, à la stature massive et à la barbe grise façon biker, arbore un look improbable (tenue jaune et casquette de camionneur verte vissée sur la tête). Cependant, quand il est question d’envoyer des lignes de basses aussi puissantes que précises, il n’est pas loin d’atteindre la perfection.

Leo Taylor à la batterie, orchestre magistralement la rythmique qui est le centre de l’orchestration de ce groupe. C’est nerveux et terriblement dansant. Les titres fusent tantôt saturés et crasseux à l’instar du Do you really want some ou encore incroyablement enlevés comme Too high. Sam est en ébullition, sa longue chevelure blonde virevolte et l’énergie que dégage nos 4 comparses contaminent rapidement le public. Un vent d’hystérie souffle sur la scène et transforme en un instant le Café de la Danse en un véritable dancefloor. Pendant, une bonne heure, je n’ai cessé de me déhancher. Seul bémol, une heure c’est trop court…

Pour finir en beauté ce set magistral et sublimer toujours un peu plus la puissance vocale de la chanteuse, It’s magic est le titre tout trouvé. Les étoiles dans les yeux, je repars conquise avec cette sensation unique d’avoir vécu une nuit magique.

https://www.facebook.com/GRAMMEBAND

One comment

Leave a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *