Interview Yodelice

Mercredi 17h, c’est à la terrasse d’un café parisien à deux pas de Nôtre-Dame que j’ai eu un rendez-vous avec Maxim Nucci  (alias Yodelice) pour qu’il me parle de son album « Tree of Life », sorti le 25 mai.

yodelice

Ziknation : D’où vient le personnage de Yodelice ?

Yodelice : Il sort de très loin dans mon imagination. Ca faisait longtemps que j’avais envie de créer un univers, un personnage. Pour moi, c’est un personnage idéal, un conteur d’histoire, un voyageur qui raconte sa vie, sans jamais devenir un donneur de leçons.
Il représente les blessures de la vie : on a tous une éducation, on grandit et on prend la vie en pleine gueule telle qu’elle est vraiment. C’est pour cela que j’avais envie d’imaginer ce personnage qui sortirait d’un champs de bataille de vie.


Ziknation : Quels sont les points communs entre Yodelice et Maxim ?
Yodelice :
J’aime à croire que Yodelice, comme je l’avais écrit au tout début sur mon myspace, est mon clown, un amuseur, quelqu’un qui fait du divertissement et qui n’existe que quand il chante. Je voulais l’imaginer le plus pur possible.
Le problème de ce que je fais maintenant (à savoir la promo), c’est que j’ai le sentiment de me retrouver avec une casquette de RP d’un spectacle qui se vit, qui s’écoute, dans un exercice pas naturel pour moi.
Pour moi, Yodelice est extrêmement naturel et pur, comme une proposition artistique sincère et authentique. J’ai peur qu’il apparaisse comme un discours travaillé et sophistiqué.
Yodelice a été fait de manière si artisanale que j’aimerais qu’il le reste même si je sens que cela m’échappe un peu.


Ziknation : Véritable homme orchestre, tu sembles vouloir tout contrôler, musique, univers, personnage. Tu n’as pas peur d’en faire trop ?
Yodelice :
C’est la seule manière que j’ai trouvé pour être aussi authentique. S’il n’y avait pas eu Yodelice et son univers, je n’aurais pas fait le disque.


Ziknation : Y’a-t-il eu des déclencheurs, des rencontres qui t’ont aidé ?
Yodelice :
Oui, j’avoue que quelqu’un comme Matthieu Chedid m’a beaucoup aidé. Dès les premières maquettes, il m’a fait confiance et m’a invité sur les premières parties de la tournée de Vanessa Paradis. D’avoir, ce mec incroyable qui croit en toi avec un réel intérêt pour ton travail, c’est fabuleux. Il a une telle qualité de concepteur, que quand, tu penses à « M » ce personnage qu’il a crée, c’est tout simplement brillant !
Je me souviens qu’un jour il m’a dit : « Moi je suis l’mec à la coupe chelou et toi, Yodelice, tu seras le mec avec la plume et le chapeau ».


Ziknation : Alors comment ton personnage a-t-il pris forme ?
Yodelice :
Quand j’étais plus jeune, je n’avais pas l’ambition d’être interprète et encore récemment, j’étais musicien en studio et je composais pour le autres. Ca m’a construit et de m’occuper des autres, de les encadrer, c’est ce qui me permet maintenant de me sentir bien dans ma musique.
Il fallait que cela soit un tout. Il fallait que je propose plus qu’un Maxim en jean et baskets.
Je suis un passionné de mise en scène et de cinéma et je ressentais qu’il fallait que je lui donne un code couleur. Dans la vie, tout le monde a son masque, son clown et donc je trouvais cela plus intéressant de façonner mon clown de cette manière.


Ziknation : Concernant la mise en scène, ton personnage arbore une guitare bien particulière et une larme sur la joue, qu’est-ce que ça représente ?
Yodelice :
C’est une guitare en forme de tête de mort, avec un côté enfantin. Comme un bout de bois qui aurait pu être sculpté, il y a 300 ans par un vieux pirate (rires). La tête de mort pour moi, c’est un symbole de vie et elle n’apparaît pas comme triste ou gothique.
Elle accompagne Yodelice dans son voyage.
Quant à la larme, c’est la cicatrice assumée, je voulais une marque de vécu. C’est aussi une larme de joie. C’est le témoignage de sentiments extrêmes et qui ne se cache pas.


Ziknation : Dans quelle condition, as-tu écris cet album ?
Yodelice :
Je me suis retrouvé seul avec ma guitare dans une maison en Espagne (nommée la casa Yodelice) face à la mer pour me retrouver. Et c’est comme ça que j’ai commencé à composer l’album. Je l’ai écrit d’une traite. D’ailleurs, le premier morceau que j’ai crée, est le premier titre de l’album « Insanity ».
La première moitié de l’album est composée de titres plus enlevés et euphoriques à l’image de « Free ». A partir de « The other side » l’atmosphère de l’album bascule dans quelque chose de plus profond, de plus introspectif. Cet album s’écoute comme une histoire, chaque titre fait partie d’un ensemble.


Ziknation : Comment s’est passé l’enregistrement ?
Yodelice :
C’était à Los Angeles. Ce n’était pas évident car j’étais loin des miens et je me suis retrouvé seul là-bas sans repères. Cependant, c’était une expérience très enrichissante et j’ai pu jouer avec les musiciens avec lesquels j’avais envie de travailler.
J’ai choisi de jouer avec un batteur exceptionnel qui s’appelle Abraham Laboriel, même si la batterie est plutôt light sur l’album.
J’ai aussi retrouvé Sébastien Grandgambe au violoncelle, un complice, avec qui j’ai partagé la scène et qui m’accompagne depuis longtemps.
J’ai fait appel à deux cuivres incroyables qui ont joué avec les plus grands. Je leur ai demandé de jouer de leurs « soufflons » avec une grande liberté de jeu. Ca m’a apparu un peu risqué au début car quand on est en studio, on est contraint par le timing, mais je suis satisfait du résultat.


Ziknation : Quel est ton artiste ou groupe préféré ?
Yodelice :
Ce n’est pas facile de choisir c’est même très dur. Mais s’il le faut absolument, je dirai « Les beatles ». Le tandem Lennon-Mc Cartney est pour moi le plus grand. Ils ont su évoluer avec leur époque, ont su créer une musique simple aux harmonies complexes : le parfait équilibre. Je pense que c’est le plus grand groupe de rock qui ait existé.


Ziknation : Quels sont les souvenirs de ta première scène ?
Yodelice :
Atroce, c’était dans une salle parisienne à Belleville, la Java (en octobre 2008) et le personnage de Yodelice n’était pas encore rodé (rires). Le maquillage avec la larme était grossier, ainsi que le costume, pas comme maintenant.
Il n’y avait pas grand monde, mais quelques mois plus tard, ça a été une énorme satisfaction de voir près de 1000 personnes pour remplir la salle de l’Alhambra (le 23 mars 2009), avant même la sortie de l’album (sourires).

Personnellement, j’ai pris plaisir à rencontrer Maxim Nucci et à écouter Yodelice. Je vous invite à en faire autant en découvrant ce très bel album « Tree of Life ».  Il sera  sur scène le 27 juin au Festival « Solidays ».

http://www.myspace.com/yodelice

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