Hellfest 2019, un bon millésime

Hellfest 2019, un bon millésime

Cette année encore, nous avons pu apprécier le Hellfest dans toute sa splendeur, présents du jour -1 (pour le Knotfest) puis pendant les 3 jours qui ont suivi, à apprécier l’enchaînement de groupes dont l’objectif était clairement de nous exploser les oreilles.

Le Knotfest en France

Ainsi, dès le jeudi, les festivaliers se pressaient devant la Cathédrale, sous laquelle les vibrations des basses se font déjà entendre. En effet, le groupe Slipknot a choisi le site de Clisson pour y déposer ses guitares le temps d’une soirée épique lors de la tournée mondiale du Knotfest. Ainsi, ceux-ci bénéficient des infrastructures énormes mises en place par Ben Barbaud et ses équipes pour faire entendre leur son à toute la vallée du vignoble nantais.

Nous avons pu profiter en avance des bières toujours prêtes malgré l’affluence, de la grande roue qui nous permet de surplomber les paysages à la tombée de la nuit, des flammes qui nous réchauffaient alors qu’il faisait déjà noir.

Ce sont des groupes importants qui se sont succédés ce soir. Rob Zombie, Sabaton (on y reviendra), Amon Amarth, Behemoth, Papa Roach, Ministry, Sick Of It All… Des habitués du Festival des Enfers rassemblés par les clowns maléfiques de Slipknot, qui ont offert un grand show sur la Main Stage. C’était une sorte de revival des 90’s, avec des groupes que l’on aura toujours plaisir à écouter.

Jour 1

Une nuit de sommeil plus tard, nous retournons sur le site dans l’après midi, le camion posé au milieu d’une clairière, entouré de festivaliers des plus sympathiques avec qui nous partagerons petit dej et quelques “apéroooos” les jours suivants.

Il est temps de se rendre sur place.

Le grand jeu, dorénavant, est de trouver quelles sont les améliorations du festival, notamment dans les décors. Le food court a été revisité, entièrement pavé et bénéficiant de quelques œuvres d’art supplémentaires. De même, une horloge trône au cœur du site, indiquant une heure d’un autre monde.

Les concerts

Me First And The Gimme Gimmes

Pour commencer doucement, nous nous sommes rendus vers la Warzone, qui est la scène punk-hardcore. Le groupe sur scène est Me First And The Gimme Gimmes, sorte de super groupe avec des membres de groupes de punk stars outre atlantique : les Ramones, NOFX, Lagwagon… Les reprises sont amusantes et le groupe prend du plaisir à nous en donner.

Kvelertak

Énergiques, généreux, vigoureux, festifs, déterminés… les qualificatifs ne manquent pas pour définir le groupe norvégien sur scène. 1h de show à tout rompre sous la Altar. Le public ne s’y est pas trompé car celui-ci saute, bouscule, harangue, bouge… profite, quoi !

En fond, on peut entendre les cris de la foule scander “Je collectionne des canards” avec Ultra Vomit, et on sent l’envie grande de les rejoindre pour continuer la fête sur la Main Stage.

Descendents

Il faut avoir grandi dans les années 80-90 pour connaitre les Descendents, fers-de-lance du punk rock californien, présentant leur personnage à la Fido Dido, omniprésent sur les t shirts des vidéos de skate old school, avec des titres tels que “I don’t wanna grow up”. Après plus de 40 d’existence du groupe, il faut se rendre à l’évidence : ils ont grandi. L’énergie est toujours là, mais on sent qu’il est plus compliqué de continuer de chanter l’adolescence quand on a 50 ans passés… C’était tout de même une bonne madeleine.

Pendant ce temps, Manowar Sabaton donne son fabuleux concert sur la Main Stage. En effet, le groupe de cuir vêtu avait annulé son show le matin même, pour des raisons encore diffuses. Sabaton, qui avaient joué la veille pendant le Knotfest ont remplacé au pied levé les culturistes américains. Cette annulation donnera l’occasion aux gens de beaucoup de jeux de mots et autres moqueries. L’avenir nous dira peut être les raisons de cette annulation.

Gojira

Les maîtres du metal français clôturaient la scène française du jour. C’était compliqué de se rapprocher, tellement la foule était dense devant Gojira. Peu importe. Le public est unanime : le son était énorme, les basses présentes et comme d’habitude la prestation millimétrée. Pour couronner le tout, des feux ont explosé au dessus des scènes afin de fêter la réussite de cette première journée. Nous en avions les larmes aux yeux.

La fête continue

Parmi les nouveautés sur le site, c’est sur le retour au camping que l’on découvre deux chapiteaux (Fury Tent et Party Tent) montés pour l’occasion, où des dj metal officient et où le public peut continuer de s’abreuver, en attendant les joutes de caddie.

Jour 2

Après une nuit récupératrice et un copieux petit déjeuner, il est temps de nous rendre à nouveau sur le site, au son des basses des balances. Nous traversons le camping où les festivaliers ont une fois de plus fait preuve de créativité dans la décoration.

Le Hell City Square

La déco est toujours au Rendez Vous, entre sponsors et marchandising. De même, quelques concerts donnent le ton avant de passer les portes de l’Enfer. Ainsi, on peut apprécier le show de Astaffort Mods derrière un grillage, tout en essayant une Harley Davidson…

Fever 333

C’était la grosse découverte du jour. On susurrait leur nom en coulisses comme du concert événement à ne pas louper. Effectivement, Fever 333 a été une claque scénique et musicale. Le trio remplit bien la Main Stage et le son est puissant. Le chanteur a un fort charisme, et le ton change, passant du rap au hardcore très efficacement. Booom !

Punish Yourself

C’était le concert attendu pour sa prestation visuelle. En effet, les toulousains ont pour habitude de se présenter des concerts éclairés d’une lumière noire, mettant en valeur les peintures de leurs corps. Punish Yourself délivrent une musique indus dense, qui fait chaud aux oreilles et aux yeux.

Cave In

Nous voici sous la Valley, devant un groupe dont l’effectif s’est malheureusement réduit récemment. Cave In fait partie de ces groupes qui ont su évoluer et varier avec le temps. Leurs compositions sont plus posées, mûries. On a su apprécier certains moments de grâce pendant ce set planant.

The Ocean

Le collectif présent sur scène cet après midi délivre une prestation intense. Le groupe a bien sa place sous la valley, où nous aurons l’occasion d’applaudir Envy ou Cult Of Luna plus tard. Leur post metal offre des ambiances denses et euphoriques. La scène est emplie d’une aura palpable, et la fureur dont le chanteur fait preuve lors de ses cris est tangible. Le moment qui vient d’être partagé était d’une rare intensité.

Carach Angren

S’il est des groupes à ne pas revoir, Carach Angren peut en faire partie. Jouant sur la Temple, on pouvait déjà en avoir un aperçu en voyant les photos promo du groupe. Les membres du groupe sont maquillés comme s’ils sortaient d’une tombe, et leur prestation scénique était à l’équivalent. A déconseiller aux âmes sensibles !

Jo Quail

Myrkur devait jouer sur la Temple, mais, enceinte, elle a préféré annuler le concert. C’est Jo Quail qui la remplace au pied levé, et ses mélodies au violoncelle ont enchanté subtilement la salle plus souvent dédiée au black metal et autres festivités antéchristiques…

Envy

Ce concert était attendu par une foule compacte. Dès le début, les japonais ont su apporter grâce et intensité. Nous les avons découverts sur scène magnifiques, touchants, profitant de jeux de lumière et d’une puissance doublée d’émotions denses. La claque du festival !

Une date est annoncée en fin d’année à nouveau en France, nous espérons bien y être !

Cult Of Luna

Brutal, extrême, atmosphérique, cathartique, les superlatifs ne manquent pas pour décrire un groupe dont la carrière ne fait qu’évoluer selon une trace qui parait définie à l’avance. Les lumières sont toujours en contre jour, amenant une aura mystérieuse à l’ambiance globale du groupe. Si ceux-ci sont nombreux sur scène (7 musiciens, dont 2 batteurs !), on retient surtout la mise en avant du chanteur, dont la voix emplit la Valley. Les morceaux s’enchaînent, nous offrant une continuité sonore dense dont l’intensité nous laissera choir une fois les lumières éteintes.

Tout comme Envy, un concert est programmé à Paris en fin d’année…

Jour 3

Sur le chemin pour le festival, les rencontres et retrouvailles se multiplient. Nous sommes ravis de revoir nos amis les champignons, qui ont traversé la France pour l’occasion.

Cemican

Les mexicains étaient attendus sous la Temple, afin de nous faire profiter de leur pagan metal. De grands masques mortuaires et sacrificiels ajoutent une touche funèbre à l’ensemble. Nous profitons du moment, et les rythmiques tribales nous emportent rapidement au milieu de la jungle précolombienne. L’ensemble est clairement impressionnant, et les instruments “classiques” du metal sont mélangés à des instruments plus traditionnels de la culture aztèque.

Widgedood

Adeptes de la musique de chambre, passez votre chemin. Le chanteur de Widgedood, aussi bassiste d’AmenRa, ne fait pas dans la dentelle. Death et Black metal se conjuguent au pluriel sous la Temple sans laisser un seul répit.

En passant

Stone Temple Pilots, Lynyrd Skynyrd, Lamb Of God, Trivium sont vus de loin. Il faut dire que nous entamons le 4e jour de festival et la fatigue commence à se faire ressentir.

Refused

Les suédois jouaient sur la scène Warzone, qui portait très bien son nom lors de ce show dantesque. Le groupe, fer de lance du hardcore, qui a démontré à maintes reprises qu’il n’était nul besoin d’être tatoué ou de faire les gros yeux pour être crédible dans ce dur monde de brutes.

Tool

Maynard James Keenan, le chanteur, est déjà venu avec son autre groupe A Perfect Circle, mais c’était la première fois que Tool jouait au Hellfest. Attendus par une foule dense, le concert était un peu mou, ou est ce la fatigue des 4 jours des festivals qui a eu raison de nos corps sveltes et presque encore sobres ? Nous sommes par contre impatients de découvrir le nouvel album à venir sous peu, Fear Inoculum.

Il est temps maintenant de rentrer chez nous. Nous avons une fois de plus été gâtés par le temps, nous pouvons dorénavant nous reposer pendant quelques jours en rêvant à ces instants passés en sombre compagnie.

A l’année prochaine !

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