Gold Panda – Companion

Aura-t-on jamais vu  autant de pseudonymes animaliers chez les musiciens que ces dernières années ? Animal Collective, Panda Bear,  Grizzly Bear,… et donc Gold Panda. Locke le disait, voilà que les zicosses adhèrent : « l’homme est un animal pensant ». Et ils ne se contentent plus de penser, ils se mettent aussi des instruments de toute sorte entre les papattes.

Derwin Panda a sorti en mars 2011 son second album, Companion, sous le label Ghostly International. On y retrouve certains tracks sortis sur les EP Before et Miyamae en 2009, ainsi que des nouveautés. Pour l’occasion, ce Panda-là, qu’on admet doré tant ce qu’il touche se transforme en or, a fait un saut dans notre capitale. Il a rempli le Point Ephémère le 23 avril dernier (et c’est rien de le dire…), avant de l’enflammer complètement. Avouons qu’à son entrée en scène, on pouvait être dubitatif : une longue silhouette fine, la tête enfouie dans la capuche d’un sweat gris, le slim comme il faut, la barbe sauvage supra tendance… Ca peut laisser présager d’une posture pseudo hype à deux balles, même si chaque sortie cd a révélé le talent du mec. Dès le début du set, il envoie une patate monstre qui te propulse direct dans son univers onirique « asiatisant ». Et c’est que le petit ourson de Chine n’a jamais failli, malgré les problèmes techniques.  Il a assuré le show et nous a fait voyager au confluent des mondes virtuels et réels, où les réalités se superposent. C’est Igor et Grishka qui auraient été contents d’être là ! L’humilité flagrante de l’artiste est touchante, tant il s’efface derrière son travail pour lui laisser toute la place.

La musique de Gold Panda prend une dimension magistrale évidente en live et la magie et le voyage perdurent  à l’écoute de Companion. L’album fleure les divines essences de l’électro, du dubstep et du hip-hop. Ce qui est fantastique c’est que tout cela est rendu très accessible grâce à l’habileté de Darwin qui ne perd pas une occasion de distiller des sons ludiques (Win San Western) voire enfantins (Quitters Ragga). Gold Panda a sculpté chacun des morceaux avec la précision inouïe d’un orfèvre. Ainsi en va-t-il notamment de l’éblouissant Back Home (sorti aussi sous l’EP Miyamae en 2009) dont on percevrait presque le relief tellement la musique semble accaparer plusieurs dimensions. Gold Panda joue avec l’espace physique et géographique, puisant dans des instruments traditionnels une source d’inspiration intarissable (Bad Day Bad Loop). Il peut aussi bien faire des morceaux denses très courts (Quitters Ragga) que des morceaux plus longs, moins évidents, qui ont pour vertu de laisser le temps à l’auditeur de s’immerger complètement, comme Long Vacation avec ses sonorités 8 bits. L’album respire, oscillant entre moment apaisant  (Fith Avenue) et morceaux tapageurs (Police). La légèreté est  très présente sur l’album, même si au détour d’un morceau, on croise une sensualité evoûtante tout charnelle (Mayuri) ou quelques notes mélancoliques (Lonely Owl). Lucky Shiner, premier album de notre ursidé doré était une pépite pleine de promesses. Gold Panda continue à exploiter le filon avec talent et enfonce le clou avec Companion. Gageons que la mine d’or ne se tarira pas de si tôt.

 

 

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