Le rappeur et producteur Xaviersobased est fermement ancré dans la tradition DIY de la culture skate new-yorkaise. Son vaste catalogue Soundcloud rappelle l’art du graffiti et les zines copiés sur Xerox des générations précédentes. Bien qu'il n'ait pas toujours réussi ses tours sonores, son approche expérimentale agitée l'a positionné comme un pionnier de la scène underground – et sur son premier album « Xavier », le jeune homme de 22 ans est prêt à montrer au monde entier ce qu'il fait.
Xaviersobased – de son vrai nom Xavier Lopez – rassemble ses influences éclectiques de micro-genre, des éléments de projets précédents et ses paroles décalées distinctives pour « Xavier », son œuvre la plus raffinée à ce jour. Lopez, qui a fondé le collectif underground 1c34, s'inspire clairement de pionniers comme Lil B, Chief Keef et Yung Lean, et son penchant pour les rythmes joyeux, parfois euphoriques, est pleinement visible ici. Bien que « Xavier » ne présente pas la même expérimentation imprudente que les versions précédentes, l'album ne manque pas de moments de production ludiques.
Le mur sonore palpitant de « Clorox » et les rythmes oniriques de chansons comme « Negative Canthal Tilt » donnent à l'album de 20 titres une sensation de fraîcheur. Les mélanges boueux et scintillants du rappeur se marient bien avec ses paroles idiosyncratiques, à la fois effrontées, vulnérables et optimistes. Il montre son hyper-conscience tout en se vantant de son argent et de son style de vie hédoniste, en proposant des phrases farfelues comme : « Des putes sur ma bite parce que j'ai cette haine de moi-même ». La force de ses paroles vient de cette dualité, incarnant avec légèreté la personnalité dissociée du rappeur et la sensibilité qui la sous-tend. Ses flow déformés et décalés ne plairont certainement pas à tout le monde, mais soulignent la nonchalance complice de ses textes.
L'album démontre également la maîtrise de Xaviersobased sur d'innombrables styles musicaux passés et en plein essor. Sur « Minute », par exemple, il se lance dans l'electroclash, tout en déployant un beat dont sa mère, qui travaillait comme DJ house dans les années 80, serait fière. Sur « Heartfelt », coproduit par Yung Sherman et Woesum, Lopez présente une nouvelle facette du long métrage invité Rio Da Yung Og, qui semble inhabituellement nostalgique devant ce qui ressemble à une belle bande originale de jeu confortable injectée de 808. L'album atteint son apogée dans la seconde moitié, où des collaborations fréquentes comme OsamaSon et Ksuuvi contribuent à apporter de l'énergie.
« Xavier » fonctionne mieux comme une introduction au monde de ce rappeur-producteur innovant, une encapsulation accessible de Xavierso et du nouvel underground new-yorkais qu'il a aidé à construire. Bien que l’album réserve moins de surprises que ce à quoi les fans pourraient s’attendre, ses points forts montrent sa polyvalence et son côté ludique sans limites. Bien qu'il soit désormais signé sur un label majeur, Xaviersobased est toujours lui-même sans aucune excuse : l'un des artistes les plus amusants et les plus sympathiques de la scène underground américaine d'aujourd'hui.
Détails
- Maison de disques : 1-chance / Surf Gang Records
- Date de sortie : 30 janvier 2026
