Live Report // Reading Festival 2010

VENDREDI

Rendez-vous sept heures du mat’ sur les quais – on attend donc le bus qui nous conduira jusqu’à Reading entre les légendaires Tower Bridge et London Eye. Après trois heures de bus on arrive finalement dans la petite ville de Reading, transformée tous les ans en réunion internationale des meilleurs groupes de l’année sur fond de champs boueux. Dommage que personne n'ait l'idée d'investir dans l'achat de mobil homes, ça serait quand même beaucoup plus sympa.

On ne se laisse pas décourager par la pluie, la boue, ou le marécage qui se forme à côté de notre tente, et on se bouge vers le site.
Cette après-midi, notre priorité est à la NME stage qui accueille le groupe de San Francisco, Girls. Si si Girls on en avait déjà parlé là, http://ziknation.com/top-10-of-the-pop-6235/. Christopher Owens, ravi d’être là, interprète la quasi intégralité de son album, le public reste sympa et chaleureux jusqu’à ce qu’il décide d’être sympa, chaleureux, et agité.
Par souci de survie, on décide de s’éloigner un peu de la scène, et le soleil étant revenu, on peut tranquillement s’allonger dans l’herbe en écoutant les irlandais de Two Door Cinema Club dont les morceaux electro/pop deviennent hyper efficaces en live. Flemme de bouger, toute façon ça sert à rien, s’installent ensuite The Big Pink, groupe new yorkais légèrement psyché qu’on découvre avec surprise souriant, ils interprètent avec succès ‘Dominos’ leur morceau le plus connu – et le plus réussi.

Yeasayer enchaine toujours sur la même scène, et s’annonce être une bonne surprise avec un côté tribal et des morceaux qui réussissent à trainer sans en devenir atrocement chiant.

On se dirige vers la Festival Republic stage où les filles de Warpaint n’en finissent pas de finir. La petite scène accueille Adam Green – et probablement toute la population française du festival. Le New Yorkais se ramène à l’heure, sosie de lui-même-époque-Moldy-Peaches, et commence par les nouvelles chansons de « Minor Love », enchaine sur les classiques du genre ‘Friends of mine’, ‘Drugs’, ‘Jessica’ et finit par le must, ‘Dance with me’.

Bon là on se commence à se bouger sérieusement le derrière parce que Mumford & Sons finissent bientôt sur la NME stage et vont laisser la place à Phoenix.
Quand les londoniens disent au revoir, la foule se disperse – parce qu’ils doivent courir pour rejoindre Queens of the Stone Age qui a déjà commencé sur la scène principale – et on en profite pour fouinasser jusqu’à être assez bien placé pour reconnaitre les roadies des Versaillais. Là encore, on retrouve assez logiquement une bonne partie de français dans les premiers rangs. Phoenix délivre son set habituel, commence par ‘Litzomania’, ‘1901’, et la plupart des morceaux de « Wolfgang Amadeus Phoenix ».
Malheureusement, pas de ‘Run run run ’ ou ‘everything is everything’. Un public anglais très réceptif au son francais de Phoenix qui soutient donc la concurrence face à Queens of the Stone Age, et Guns n’roses qui commence bientôt.

Puisqu’on a atteint la terre promise – à savoir la barrière – on décide de rester pour LCD Soundsystem, headliner de la NME stage ce vendredi soir. Le temps d’installer une boule disco géante et James Murphy s’amène et balance les chansons de « This is happening » son nouvel album. C’est bien sympa tout ca, mais on a un peu peur d’en oublier de respirer et puisque Murphy refuse de jouer ‘New York I love you’, on dégage.

Toutes chamboulées par ce premier jour de festival, on se traine jusqu’à notre tente en espérant qu’elle ne se soit pas encore enfoncée dans la boue, tout en se rappelant que demain doivent jouer les Libertines.

SAMEDI

Le soleil brille, il fait presque chaud, la journée commence bien avec Modest Mouse vu de loin sur la grande scène, suivi des Maccabees. Mais c’est vers le milieu de l’après-midi que ça devient vraiment intéressant avec The Cribs.
Ils annoncent que c’est leur dernier concert avant un bon moment, et ont l’air bien déchainés. Leur set commence avec ‘We were aborted’ et viendront ensuite l’excellent ‘hey scenesters’ ou ‘men’s needs’, ‘cheat on me’…  Décidément en grande forme, les frères Gary et Ryan Jarman entreprennent de démonter la batterie de leur frère Ross sur ‘City of Bugs’ avant que Ryan ne cède sa guitare à la foule. Sur ces entrefaites ils quittent la scène et laissent la place à Dizzee Rascal.

Intriguées par la passion que voue les anglais au jeune rappeur, on décide de se joindre à la foule – et aussi parce qu’on est plus ou moins prêtes à tout pour atteindre les Libertines qui viennent après. L’Angleterre, c’est une autre culture, Dizzee Rascal, c’est pas mon kiffe mais apparemment c’est le leur. Entre deux « make some fucking noooise », il reprend à sa façon ‘Smells like teen spirit’, la foule est agitée et il devient de moins en moins facile de suivre. Après bien 45min, Dizzee Rascal s’éloigne sous les applaudissements d’à peu prés la moitié du festival.

Il est donc environ 21h à Reading et la Main stage se prépare à recevoir le come back attendu des Libertines. On sent bien que l’annonce de la reformation a fait vendre une bonne partie des places, puisque la population se dirige exclusivement vers la scène principale. Avant même que le groupe entre en scène, rien ne va plus vraiment, la foule s’agite, une pluie de bière s’abat mais le moment arrive quand même et les quatre membres débarquent au complet. Ils arrivent en force sur ‘Horrorshow’ et enchainent sur la même longueur d’onde avec ‘The delaney’ et ‘Vertigo’.
Bon là, on peut plus respirer, d’ailleurs on s’est perdues, et entre reculer ou mourir il faut choisir.
Mais même une fois le choix fait, c’est pas si facile de sortir de là, et je réapparais d’un côté plus civilisé quand Carl Barat débute ‘Music when the lights go out’. Le set des Libs est interrompu au beau milieu de ‘Time for heroes’ afin de calmer la foule – solution absolument stupide, au passage.  
Quoi qu’il en soit, ils ont l’air véritablement ravi d’êtree là, parlent peu, mais délivrent les classiques que le public attend. Le groupe finit une heure après sur ‘what a waster’ et ‘I get along’.
Don’t look back into the sun’ sera élu « anthem of the festival season » de cette année.

Après ça, c’est un peu flou, les gens se dispersent et paraissent tous un peu hagard. On sait pas trop si on sort du Vietnam ou d’une espèce de rave tendance grand n’importe quoi. Certains de ceux qui en sont sortis indemnes ont encore la force d’attendre Arcade Fire, headliner de la soirée. Pour ma part, je me contente d’entendre ‘Rebellions’ de loin en rentrant au camping…

DIMANCHE

Rendez-vous à la NME Stage, vachement plus intéressante que la Main Stage qui donne dans le Blink 182 et autre Limp Bizkit. Local Natives, des mecs de Los Angeles qui ont enregistré leur premier album « Gorilla Manor » en Grande-Bretagne, instaurent une bonne ambiance avec leur ‘Airplanes’.

Suivent Los Campesinos !, des gallois un peu tarés qui profitent du retour de la pluie pour attirer le public sous la tente de la NME stage. Une bonne surprise. On bouge et rate Wild Beasts – il faut bien se restaurer à un moment.

Mais la vraie surprise de l’après-midi s’avère être les new yorkais de The Drums, définitivement plus que le groupe d’un été. Même sans jouer ‘Let’s go surfing’ ni ‘Saddest summer’, les Drums imposent leur style funky et estival et séduisent vite.

Kele, qui passe après passionne moins, même si la foule parait plutôt enthousiaste. Pour une raison inconnue – probablement un des nombreux choix cornélien qu’impose le principe même du festival – on passe à côté de Band of Horses, mais on se rattrape avec Foals.
Yannis Philippakis a l’air assez en forme pour escalader toute surface verticale aux alentours, ce qui a le don d’impressionner la foule de festivaliers insomniaques. C’est à peu prés l’heure où Reading tourne taré, le rock psyché tendance minimaliste des Foals tombe à pic, deux filles font des concours de « whooo » hystériques (mes potes), et le concert de Foals s’achève en apothéose avec une version rallongée de ‘two steps, twice’.

Toujours sur la même scène, le duo We Are Scientists lutte contre la pluie avec leur dernier album « Barbara ». Ils font office de mecs plutôt sympas et enthousiastes mais la fatigue et surtout le froid nous empêche d’être extatiques.

Mais en ce dimanche soir, il n’y a que les Klaxons qui parviennent à nous faire oublier qu’on a pas vu une douche depuis trois jours. Simon Taylor-Davis fait de l’événement un comeback spirituel en racontant une histoire l’incluant lui à 15ans, un concert de Ikara Colt et une stage invasion. Après ce moment d’émotion, les Klaxons enchainent avec ‘As above so below’. Le nouvel album « Surfing the void » – déjà dans le top 10 – est mis à l’honneur avec la chanson d’ouverture ‘Flashover’, ‘Venusia’, ‘Echoes’… Les plus vives réactions du public sont tout de même réservées aux morceaux ‘Golden Skans’ et ‘It’s not over yet’.

Le festival de Reading 2010 s’achève en beauté avec le rappel des Klaxons, le single ‘Surfing the void’ et un spectaculaire final ‘Atlantis to Interzone’.

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