Lenny Kravitz – Black And White America

Lenny Kravitz – Black And White America

Black & White America

 

Lenny Kravitzc’était ce beau black, un peu rebelle, qui avait débarqué un matin de 89 avec ses dreads et un son rock’n’roll à faire pâlir Jimmy Hendrix. Pas un mec conventionnel quoi. Des années et quelques 8 albums studios plus tard, le gamin des Bahamas a toujours ses tablettes de chocolat, mais nous montre une autre facette de sa personnalité. De la soul, du funk, « Black And White America » est cet album psychédélique qui vous transportera délicieusement dans les années 70, n’en déplaise aux puristes rockers de la 1ere heure.

Un album donc qui groove et plutôt travaillé (16 titres pour l’édition normale) même si on pourrait lui reprocher justement d’être trop long ou d’avoir quelques titres faisant office de remplissage. Lenny Kravitz n’a néanmoins pas cédé aux sirènes de l’euro-dance ou de l’électro, chose assez rare pour être soulignée en cette période. Ce 9e opus recèle quelques pépites, à commencer par le titre éponyme, Black And White America, qui n’est pas sans rappeler la bande son de Shaft (celui de 71 évidemment ). Les cuivres rendent le titre funky à souhaits ! Dans le même esprit, retenons Liquid Jesus où Lenny prouve qu’ils maitrise toujours aussi bien les aigus (souvenez vous de It Ain’t Over Til It’s Over) ou encore la ballade Looking Back On Love, qui ne manque pas de soul.

Dans un autre registre, Boongie Drop est peut-être la bonne surprise de l’album, autant pour le featuring avec Jay Z (qu’on ne présente plus) que pour son esprit dancehall.

Le titre Rock Star City Life garde quand même la touche Rock’N’Roll qui fait la signature de Kravitz, et peut parfois faire penser à Somebody’s Watching Me d’un certain Michael Jackson.

Si les chansons évoquées précédemment font tout le caractère de l’album, il y a bien 2 joyaux sur lesquels vous ne pouvez pas faire l’impasse. Tout d’abord, I Can’t Be Without You, typiquement kravitzien, qui assure une certaine continuité avec « It’s Time For A Love Revolution » (son opus précédent). Et surtout Superlove, coup de cœur ultime de « Black And White America », dont on avait pu voir , il y a quelques mois, un aperçu en studio via le maître himself. La ligne de basse, les claviers, les chœurs, tout s’imbrique parfaitement pour nous donner la chanson lascive et sensuelle par excellence. Le Sexual Healing du 21e siècle ?

Quoiqu’on en dise, tout y est : la paix, l’amour (thèmes chers à son cœur), le Rock’N’Roll, le funk. En clair, un album sincère, à son image. Si Lenny Kravitz nous dépeint une Amérique en blanc et noir, il confirme cependant que la musique, elle, multiculturelle, n’a pas de couleur.

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