Interpol : vers une réconciliation avec son public

Aujourd’hui trio, Interpol nous revient avec un quatrième album. Sobrement intitulé Interpol, ce nouvel LP aurait pu être le symbole d’un nouveau départ. Mais, enregistré avant le départ du bassiste Carlos Dengler, il signe plutôt la fin d’une époque.

A la première écoute, difficile de dire si Interpol fait du Interpol. Plus sombre que le précédent album, un peu plus lent qu’à l’ordinaire, mais légèrement, le jeu de guitare de Daniel Kessler et la voix maintenant bien familière de Paul Banks pourtant ne nous laisse pas sur le bord de la route. On se laisse vite transporter, notamment par les deux premiers singles proposés à l’écoute sur le net dès la fin du mois d’avril pour Lights et pendant l’été pour Barricade. Choix judicieux que ces deux titres : Lights est un titre minimaliste à souhait, tout en métaphores, arty et froid. Tout à l’inverse de Barricade que je qualifierais de titre refuge. Si vous recherchez les émotions et sensations que pouvait vous procurer l’écoute de Turn On The Bright Lights, ce deuxième single remplit le job à merveille, avec un clip plus simple, direct, coloré. Tout se joue donc là, dans cet équilibre qui consolera les quelques fans déçus par le précédent album, trop pop pour certains.

Et sur scène qu’est-ce que ça donne ? Comment réussir à captiver une salle (de la taille d’une loge au Stade de France) avec des chansons plus « contemplatives » que « dansantes » à mon goût ? Ce sont des questions qui resteront en suspend. Mais c’est un mal pour un bien. Pourquoi ? Tout simplement parce que leur concert au Trabendo (le 17 septembre dernier) ils n’auront joué que 5 titres du dernier album. Mais ce concert avait de quoi enchanter les fans de la première heure. En effet, le show était centré sur les deux premiers opus, Turn On The Bright Lights et Antics. Tous les titres phares se sont enchainés de Stella Was A Diver And She Was Always Down à Narc, en passant d’Obstacle 1 à Say hello to Angels ou encore Evil. Rest my chemistry aura été le seul digne représentant d’Our love to Admire (tant mieux c’est mon titre préféré sur cet album).

Ce concert je le conçois comme une sorte de réconciliation avec les fans autant du point de vue de la « petite déception » qu’avait apporté le précédent album que du concert qu’il avait fait au Zénith et qui laissait une part trop importante à la guitare au détriment de la voix. Ici, tout était bien mesuré, carré. Le jeu de Daniel Kessler est toujours aussi captivant, chacune de ses guitares sont plus belles les une que les autres, comme ses costumes d’ailleurs. Les trois membres restant du groupe sont toujours aussi charismatiques à leur manière, dans le jeu et la présence. Petit bémol, David Pajo, à la basse et de Brandon Curtis aux claviers sont plutôt fantomatiques et ne comblent pas l’absence de Carlos D.

www.interpolnyc.com / www.myspace.com/interpol

Tracklist :

  1. Success
  2. Memory Serves
  3. Summer Well
  4. Lights
  5. Barricade
  6. Always Malaise (The Man I Am)
  7. Safe Without
  8. Try It On
  9. All Of The Ways
  10. The Undoing


Set list :

  1. Success
  2. Say Hello To The Angels
  3. C’mere
  4. Summer Well
  5. Rest My Chemistry
  6. Evil
  7. Barricade
  8. Lights
  9. Narc
  10. Take You On A Cruise
  11. Stella Was A Diver And She Was Always Down
  12. Try It On
  13. Not Even Jail
  14. Obstacle 1

Rappel :

  1. NYC
  2. Slow Hands
  3. PDA

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