Les Inrocks festival – samedi

17h30 retour à la Cigale, à peine en retard, requinqués, enthousiastes, motivés.
Givers frappe comme des bœufs sur leurs instruments, la chanteuse joue de ce truc bizarre qu’est le glockenspiel et ça donne super bien. Un tiers indie, un tiers exotique et un tiers pop enfantine. Le tout donne envie de danser sur des rythmes endiablés au milieu de la jungle. Mélangeant l’exotisme de Vampire Weekend et l’énergie aérienne de Phoenix, Givers vous transporte direct en vacances, ambiance dernier jour de l’été. Leur album “In Light” est sorti en juin.

On est bien chaud après Givers, à se tortiller sur nos sièges, mais on va vite être refroidis. Morning Parade s’est formé en 2007 quelque part dans l’Essex et ç’aurait pu pourtant se passer dans les années 90 n’importe où dans les plaines américaines. Je n’ai absolument aucune idée de ce que le style de Morning Parade est censé être mais ce que j’ai vu ce soir-là n’était rien d’autre qu’un fade teenage rock américain, du genre Simple Plan à grosse guitares. Mais le fait est que faire autant de bruit ne mène parfois à rien. Pour vous donner une idée plus claire, n’importe quel morceau de Morning Parade ferait une parfaite soundtrack pour une scène émotion de One tree hill. Alors, oui, c’est sympa de les voir se décarcasser en jouant fort et en sautant partout, mais désolée, non.

Et c’est l’heure pour Foster the people de se faire attendre. Les californiens connaissent un gros succès avec leur album “Torches” depuis mai dernier. ‘Helene beat‘, ‘Call it what you want‘ et ‘Pumped up kids‘ déclenchent l’hystérie de la foule et l’epileptie de Mark Foster. C’est exactement ce qu’on attendait d’eux en écoutant leur album, une pop enflammée aux allures d’indie euphorisante. Après un vendredi un peu calme, le sol de la Cigale tremble enfin. Ils ont bien raison de chanter “we got nothing to loose, we got nothing to prove“…

Sur ce qui suit, c’est à dire Miles Kane, mes notes disent seulement “OUF.” alors je vais essayer de développer un peu. Je voyais Miles Kane, l’acolyte préféré d’Alex Turner, comme un garçon un peu réservé, musicien virtuose un peu timide mais plein de talent. Il n’en est rien. Ce garçon est fou. Il est à peu près aussi timide et réservé que Liam Gallagher, et il a la même démarche. Avec la gestuelle de Rhys Ifans dans Good Morning England. Cependant, c’est bien le musicien le plus doué de sa génération. C’était finalement un mal pour un bien d’avoir lâché son groupe The Rascals pour travailler sur cet album “Colour of the trap” sorti en mai. Enfin Miles Kane sort de l’ombre, celle d’Alex Turner ou celle des Rascals, et enflamme la scène de la Cigale. ‘Come closer‘, ‘Rearrange‘, ‘Better left invisible‘ se classent parmi les meilleures morceaux de la scène anglaise. Il piétine, enchaine les solos, transpire et on kiffe. Vous écouterez l’album différemment après ça. Cet hiver, Miles Kane fera les premières parties de Kasabian et des Arctic Monkeys mais bientôt ce garçon remplira à lui seul de très grandes salles.

1000 degrés à la Cigale.
Miles Kane nous a laissé, disons-le, sur le cul et un éléphant rose pourrait débarquer sur la scène de la Cigale qu’on ne réagirait pas plus que ça. A la place, c’est Friendly Fires. Et ils ne nous laissent pas d’autre choix que de réagir un peu plus que ça. Le chanteur, il faut le dire, est un danseur né; un mélange de Freddy Mercury et du déhanché de Lou Reed sur la pochette de “Transformer”. Par ailleurs, Ed Macfarlane dégage sur scène une énergie punchy, un peu épileptique là encore, et fait de son groupe un spectacle tant visuel que musical. C’est d’un dernier pas de danse et quelques très très bons ‘On board‘, ‘Jump in the pool‘, ‘Skeleton boy‘ que se finit cette éclectique soirée à la Cigale…

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