Festival MaMA, Part. 2 // Soirée Tonight’s the night @ La Boule Noire

Vendredi 18 octobre, la Boule noire a présenté dans le cadre du festival du MaMA, la soirée Tonight’s the night. Avec un plateau éclectique et très pop : tantôt inspirée et vintage, tantôt psyché et explosive, la soirée a tenu toutes ses promesses devant un public venu très nombreux.


Sean Nicholas Savage

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20H15. La salle se remplie tranquillement et voilà que Sean Nicholas Savage entre sur la petite scène de la Boule Noire, accompagné de quatre musiciens dont un jeune éphèbe au clavier qui ne doit pas être majeur depuis bien longtemps. Grand roux, vêtu d’un costume trop grand pour lui (on le dirait sorti d’une fripe), il déboule sur la scène en chaussettes. Avec sa posture désinvolte, il a tout du dandy décadent. Ce californien qui réside aujourd’hui à Montréal se caractérise par son originalité et ne répond à aucune mode.

 

Dès les premières notes, c’est un peu comme si nous avions pris sans le savoir une machine à remonter le temps et que nous retrouvions dans les années 80, à l’époque de Bryan Ferry et du Roxy Music mais aussi de Cyndy Lauper… A l’époque de cette pop lustrée, sexy qu’il était bon d’écouter plutôt bien accompagné. Sa longue silhouette longiligne ondule, c’est chaud et inspiré. Sean Nicholas Savage ne fait pas de musique pour suivre une quelconque mode et il la vit avant tout.
Le titre « She looks like you » me fait étrangement penser à l’intro de « True Colors » de Cyndi Lauper. Sa voix est vibrante et un rien fragile renforce le caractère sensuel du morceau.

Une bonne façon de commencer la soirée « cheek to cheek » avant de poursuivre en mode « Shake, shake, skake ».

www.seannicholassavage.bandcamp.com

 

 

Tomorrow’s world

 

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Le public se densifie et s’amasse devant la scène pour découvrir le duo dont tout le monde parle : Tomorrow’s world. Ce duo franco-britannique pour le moins détonnant, est le fruit de l’alliance entre Jean-Benoît Dunckel, du légendaire groupe Air et de Lou Hayter, claviériste des NYPC (New Young Poney Club). Cela donne donc une fusion entre électro expérimentale et pop. C’est tout bonnement aérien et planant.

La salle est plongée dans une quasi obscurité  alors que la scène baigne dans d’une lumière froide et presque agressive. Jean-Benoît D. est le premier à pénétrer sur scène sous les applaudissements nourris du public pour s’effacer aussitôt derrière 4 claviers superposés. S’ensuit le batteur munit de deux pad et de Lou, la chanteuse qui scintille de mille feux, vêtue d’une longue robe de soirée toute pailletée.

 

Sur scène, c’est le mariage subtil entre l’électro et le glam. Les arrangements complexes de Jean-Benoît D. et sa touche planante, notamment sur le seul titre « Pleurer et chanter » viennent épouser la délicate voix de Lou. Au passage, pour ce seul titre chanté en français, on ne résiste pas bien longtemps à son accent anglais, so cute…
La scénographie est épurée et les interactions avec le public sont contrôlées et trop rares.

Cousu de fil d’or, des titres envoûtants s’enchaînent comme « A heart that beats for me », « Think of me » ou « Dont’ let them down » mais pour moi, le spectre de Air flotte quelque part dans cette salle. C’est paradoxal mais j’aurais aimé être plus déconnectée encore… Toutefois, on est captivé par la présence hypnotique de Lou et le titre « Drive » moins cosmique et plus incisif, me séduit.

L’album Tomorrow’s Word est disponible depuis avril 2013.

www.tomorrowsworld.fr

 

Sarah W. Papsun

J’avoue sans gêne que si j’ai choisi au départ cette soirée, c’est avant tout pour voir les Sarah W. Papsun sur scène. Je les ai découvert, il y a quelques mois déjà et leur EP fait partie de ma playlist. Il était impossible qu’un groupe aussi créatif en studio, ne me décoiffe pas une fois monter sur scène.

La scène de la Boule Noire est presque trop petite pour les accueillir tous. Sarah W. Papsun c’est avant tout, six mecs de paname qui ne sont pas sur scène pour faire de la figuration. Dès le premier morceau, le groupe soulève le public et invite les premières rangées à se remuer.

« Kids of Guerilla » ouvre le bal comme un appel au soulèvement. Le rythme va être soutenu et il va falloir les suivre. Alternant rythmiques effrénés, riffs inspirés et exaltés, Sarah W. Papsun c’est l’alchimie parfaite entre pop survoltée et rock nerveux.  Sur scène « Drugstore Montmartre » (titre prédestiné dans cette salle au pied de la butte) ou encore « Hey Hey » enflamme la salle avec son rock bien musclé. Je ne peux m’empêcher de comparer leur énergie scénique à celle des « Stuck in the Sound » (je leur souhaite le même succès).
Le chanteur Erwan Desplanques mène la révolte sans jamais fléchir et ne lâche rien durant 45 minutes. Je me prends une belle claque mais surtout, je me sens vivante. En guise de conclusion, le groupe entonne une dernière fois, « Kids of Guerilla » comme pour soulever une dernière fois la foule. Poings levés, l’heure de Sarah W. Papsun a définitivement sonné.

Si vous ne les avez toujours pas vu en live, réservez dès maintenant vos places pour le concert du 27 mars 2014 à la Maroquinerie.

Leur premier album sera disponible en 2014 mais vous pouvez toujours patienter avec leurs EP (Drugstore Montmartre / Péplum)

www.papsun.com

https://www.facebook.com/sarahwpapsun

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