Festival ARTCOBA, les TERRES DU MONDE @ Le Nouvel Atrium de Saint-Avertin (37)

Pour sa première édition, le festival “ARTCOBA, les TERRES DU MONDE ” qui s’est déroulé du 14 au 18 novembre à Saint-Avertin (37) a choisi de mettre à l’honneur les musiques du Monde. Au programme des festivités ; expositions, spectacles et dégustations… le tout rythmé par la musicalité d’artistes tout aussi chaleureux que talentueux. Petits morceaux choisis en compagnie du chanteur-poète réunionnais Davy Sicard et de l’envoutante jeune chanteuse malienne Fatoumata Diawara :

©Augustin Legrand

Tout de blanc vêtu. D’un blanc immaculé même. C’est ainsi que Davy Sicard, pourtant l’air un brin ténébreux, entre en scène. Il salut le public en se courbant, de manière princière, avant d’entonner son premier chant, Kisa-sa. Calme et volupté règnent alors dans la salle. Le chanteur sert sur un plateau les premières notes de sa musique traditionnelle qu’est le maloya kabosé, qu’il a su au fil de ses vingt ans de carrière, parfaitement s’approprier. Armé d’abord de son kayanm, cet instrument typiquement réunionnais, tout aussi agréable qu’apaisant, Davy le ténébreux se fait dans un premier temps très solennel. Une solennité qui durera jusqu’à la fin du second titre Mariannes.

 

©Augustin Legrand

 

Mais Davy le saltimbanque sait aussi être jovial. Et il le prouve très vite et très bien. Un sourire au coin des lèvres, il entame ses titres Li Té Vé War ou Banna,  guitare à la main. Son sourire grandit à mesure que les notes s’enchainent. Le public est réceptif et certains d’entre eux se lèvent pour venir esquisser quelques pas de danse, au milieu de la piste.  Davy le passionné jongle entre son Kayanm et sa guitare. Les accords de ses musiciens s’entrechoquent également. Parfois, souvent, sa voix monte dans les aigus sans jamais s’enrailler. Sans doute le fruit de plusieurs années de chant a cappella avec son  premier groupe les Collège Brothers, tellement prometteur qu’à à peine 20 ans, il parcourait le monde en premières parties des concerts d’un certain James Brown.

©Augustin Legrand

L’auditoire, s’il ne s’est pas levé en masse, est resté captivé, accroché tout le long aux lèvres du chanteur, comme lorsqu’il déclame Au nom de mes pères, l’un de ses morceaux les plus prenants.  Et enfin, Davy le bienveillant choisit son rappel pour déclamer Mon Peï, ultime lettre d’amour à sa terre de cœur. Une prestation sobre et soignée, oscillant entre pics de joie et émotion, portée par un artiste simple, débordant pourtant de charisme.

 

©Augustin Legrand

Le lendemain, ce fut à au tour de Fatoumata Diawara de donner sa personne et de sa voix. Seule sur scène les trois premiers morceaux, celle-ci se montre dans un premier temps timide, peu expressive et même presque terne et figée. On se demande bien, à ce moment là, comment la chanteuse pourra conquérir son public. Pourtant, elle y parvient sans la moindre difficulté. Son charme, son regard perçant et littéralement hypnotisant, ainsi que son sourire grandissant y sont sans doute pour beaucoup.

©Augustin Legrand

C’est d’abord la tête couverte que la chanteuse entre en scène. Un couvre-chef qu’elle ôtera au moment où le démon de la danse l’envahira quelques morceaux plus tard. Car, après des titres poignants tels que Kanou  traitant des difficultés de l’amour en couple ou encore Sowa écrite pour ceux qui n’ont jamais connu l’amour d’une mère, Fatoumata laisse place à des titres plus folk et plus enjoués, bien aidée par l’orchestration jazzy entremelée de sons traditionnels que lui distille ses musiciens qui l’ont alors rejoint.

©Augustin Legrand

Sa voix est profonde, un grain rocailleuse et pénétrante. La timorée Fatou du début s’est changée en une véritable showgirl, pétillante à souhait. Elle chante, danse, dodeline, ondule, saute… et le public ne peut rester indifférent à une telle montée d’énergie. Ce dernier se met lui aussi à chanter, danser, sauter. Fatoumata devient alors chorégraphe et indique les pas de danse en provenance de quelques contrées du Mali, point culminant d’une prestation devenue peu à peu tout aussi enthousiasmante que festive.

©Augustin Legrand

Bref, un joli petit festival coloré, ou noirs et blancs n’ont pas hésité à échanger et à se mélanger (parfois même à s’embrasser),  avec un seul mot d’ordre : la convivialité. Difficile par ailleurs de rester insensible à ce que jouaient les artistes réunis ces soirs-là. Des éclairages en musique(s) sur ce que le Mali a de tendresse (il en faut) et sur cette île pleine de relief, rythmé par ce(s) créole(s) longtemps injustement interdit(s), qu’est la Réunion. Un festival qui, on lui souhaite, aura une longue vie, afin de mettre encore d’autres musiques du monde en avant !

 

 

 

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