Le premier album de la musicienne soudanaise-américaine Dua Saleh, « I Should Call Them » de 2024, raconte une romance queer sur fond de dystopie et de répression à l'échelle mondiale. La deuxième sortie de l'ancienne star de ZikNation Cover, « Of Earth & Wires », est tout aussi conceptuelle, ses préoccupations concernant les troubles, la crise climatique et l'IA étant pleinement exposées. Pourtant, ce deuxième album montre également que Saleh s’impose comme une star de l’art-pop – mettant la métaphysique dans un message musical.
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Dans « Of Earth & Wires », le point de vue de Saleh est celui d'une personne déplacée, apparemment tiré de sa propre expérience de migration vers les États-Unis en tant qu'enfant réfugié lorsque sa famille musulmane d'origine Tunjur a fui la guerre civile au Soudan. Il s'ouvre sur la chanson de rupture « 5 Days » – les grattements de guitare acoustique cèdent la place aux percussions industrielles et aux cris punk de Saleh, rappelant leur lâche « Daylight Falls » de 2023. Le R&B progressif accentue souvent l'esthétique, l'expérimentation et l'expression par rapport aux « chansons » – et c'était souvent le cas avec les premières productions texturales de Saleh. Cependant, leur chant a depuis pris forme.
En tant qu'auteur, la conservation de Saleh est une affaire communautaire. Pour « I Should Call Them », ils ont sollicité des artistes partageant une affinité pour les paradigmes expérimentaux du R&B et de la pop, tels que Gallant et Serpentwithfeet. Saleh poursuit ici cette approche organique avec Iowan Billy Lemos (SZA) en tant que producteur exécutif, la chanteuse R&B soudanaise-néerlandaise Gaidaa et le leader de Bon Iver Justin Vernon. Ce dernier apparaît à travers trois chansons, mais le sublime folk 'Keep Away', qui rappelle l'œuvre de Michael McDonald des Doobie Brothers, se démarque.
Le musicien met en avant son héritage diasporique sur le nostalgique « I Do, I Do », agrémenté du oud arabe, important dans la tradition folklorique soudanaise, et portant un idiome inquiétant (« Celui qui fabrique du poison / Se lèche les doigts »). Mais la chanson rend également un hommage stylistique à la ville natale d'adoption de Saleh, au Minnesota, faisant écho au son de Minneapolis des années 80 de Jimmy Jam et Terry Lewis, qui ont fait équipe avec Janet Jackson sur son album de 1986 « Control ». La voix de Saleh a même le souffle distinctif de Jackson.
Saleh garde sa plus grande proclamation pour la fin : « All Is Love », avec des sifflements légers et une référence lyrique ironique au traumatisme (« De toute façon, le SSPT m'a donné envie de l'oublier »), est un hymne glauque à l’idéalisme face à la souffrance humanitaire. Elle est ensuite rejointe par la poète de jazz Aja Monet, nominée aux Grammy Awards, qui entonne : « La côte du rire / Les échos du souffle / Ta voix survit à toutes les autres / Comme un courant d'air dans les veines. »
Sur « Of Earth & Wires », Saleh révèle une nouvelle détermination en tant qu'auteur-compositeur-interprète, embrassant pleinement la pop mais sans abandonner sa curiosité expérimentale. Par-dessus tout, ils utilisent la pop comme moyen de promouvoir davantage l'égalité sociale et la justice. En effet, avec ses futurs grooves ambitieux, Saleh offre un baume émotionnel pour les temps troublés.
Détails
- Maison de disques : Internationale fantomatique
- Date de sortie : 15 mai 2026
L'article Dua Saleh – Critique de « Of Earth & Wires » : à la recherche de l'amour, de l'espoir et de l'humanité à une époque de conflits et de perturbations apparaît en premier sur ZikNation.

