Nia Archives a à juste titre été couronnée comme la personne qui a redonné vie à la jungle, mais sur « Emotional Junglist », son super pouvoir ne réside pas dans ses breakbeats. C'est le monde intérieur de Nia qui est mis au premier plan sur son deuxième album, où l'auteure-compositrice-interprète de Bradford élargit sa palette sonore et porte les parties les plus brutes de sa psyché. Armée de son alto terreux distinctif et de son oreille mélodique impeccable, « Emotional Junglist » double le mélange de Britpop, de R&B et de jungle dont elle a été la pionnière, présentant la vision la plus pleinement réalisée de Nia à ce jour.
« Emotional Junglist » excelle dans son rythme narratif. La dissociation éclair de Nia est interrompue par une relation tout aussi intense qui fait son apparition sur « Danger ». Ici, Nia a sûrement mérité la chanson de l'été avec cette litanie de come-ons délicieusement sales : « Tu m'as fait rougir la chatte, fais-la devenir rouge vif ». Mais toute cette bravade sexuelle se transforme en une gentillesse qui manquait dans le travail précédent de Nia ; « Vertical » est une ode évanouie et en mal d'amour qui voit Nia chanter : « Tu prends ma douleur / Je suis changé, je ne suis plus le même ».
À partir de là, le penchant de Nia pour les riffs indie collants brille sur « This Could Be… » et « Dance With Me 2nite », et elle entame une série de chansons élégantes mais sentimentales. « Get Me Down » est slinky et mélodramatique, avec les roucoulements et les gémissements de l'invité Jorja Smith qui correspondent parfaitement à la chanson ; « Train of Thought » est magnifiquement délicat et nostalgique, se balançant comme un espoir argenté dans le vent.
Bien que Nia n’ait jamais été étrangère à la vulnérabilité, des chansons comme « Tender » contiennent certains de ses lyrismes les plus révélateurs à ce jour. « Faire semblant d'embrasser mes peurs, je sais que j'ai des défauts / Mais j'ai un cœur tendre malgré tout »admet-elle contre un chœur de roucoulements plumeux de Sampha. Pendant ce temps, « Lover's Grief » trouve Nia au plus profond du chagrin, alors qu'elle chante plaintivement : « Je pourrais aller me coucher, mais ensuite je dois me réveiller et refaire cette merde ». « Boys In Blue » marque donc une fin éclatante pour le disque, où Nia éprouve un dernier sursaut de colère pour dénoncer un ex qui a appelé la police contre elle.
Depuis le début, le talent artistique de Nia s'est battu pour que les gens s'approprient leurs propres facettes aux multiples facettes. Les fans peuvent être perplexes d’entendre le manque de jungle conventionnelle sur ce disque, mais Nia n’a jamais prétendu être un traditionaliste. Au contraire, elle a relancé le genre grâce à sa volonté de propulser la jungle vers de nouveaux sommets. Sur « Emotional Junglist », Nia sait que le frisson de sa musique ne réside pas seulement dans le son, mais dans son âme.
Détails
- Maison de disques : Registres des îles
- Date de sortie : 17 juillet 2026
