Amen Ra – A Live

Amen Ra – A Live

Il est difficile d’aborder la discographie du groupe Belge, fer de lance du collectif Church of Ra. Chaque album studio est comme une pierre supplémentaire qui vient s’ajouter à l’édifice.

Au delà de ces albums lourds, sombres, emprunts d’une ambiance apocalyptique, le quintet a enregistré un concert acoustique. C’est un exercice compliqué que de retranscrire la force et la puissance de la musique metal, sans la saturation et les cris habituels. Les morceaux ont été retravaillés et joués dans une atmosphère minimaliste et intimiste.

Ce concert a donné lieu à un enregistrement, Alive, et à une série de concerts. C’est l’occasion de prendre en compte un autre pan du groupe, plus confidentiel, profond. Comme si débrancher les guitares permettait au groupe d’ouvrir son coeur. Parmi ces réinterprétations, on y retrouve une reprise de Tool, Parabol. Amenra a toujours joué ses propres morceaux, et c’est une nouveauté que l’on retrouve ici. Le titre semble faire partie de l’ensemble, ne dénotant aucunement du reste. On découvre une certaine musicalité dans ces chansons où l’anglais ne domine pas, laissant place au flamand. C’est, je pense, une bonne façon de rentrer dans l’univers du groupe par la petite porte, avant de prolonger avec l’écoute d’albums moins abordables au premier abord.

Amen Ra – En Live

Invités par La Sirène au concert qui a eu lieu en mai, nous avons pu découvrir la salle, à l’écart de la ville. Celeste a assuré la première partie, dans le noir complet, nous aveuglant parfois de leurs frontales rouges. La masse sonore nous a déjà soufflés.

Quand AmenRa se met en place, seul le logo brille sur un grand voile à l’arrière de la scène. On ne les distingue pas, plongés dans le noir. Des claves résonnent dans la salle, alors qu’une lumière dévoile le corps de Colin H. van Eeckhout, chanteur du groupe.

AmenRa impose une atmosphère sombre, lourde. C’est une montée progressive dans le rythme, l’ajout d’instruments, de boucles sonores, un changement de gamme qui nous entraine dans une telle intensité. On retient notre respiration. Les musiciens se déchainent alors. Des images contrastées défilent en fond de scène. Le public assiste à un mélange de fureur, incapable de détacher ses yeux du spectacle hypnotisant qui se déroule devant nous. Le quintet fait corps avec sa musique, martelant chaque rythme d’une attaque de tout leur corps.

Au fil des chansons, le chanteur enlève ses vêtements, jusqu’à laisser apparaitre son dos, nu, recouvert d’un gibet tatoué. Le ton est donné. Ses mouvements sont pareils à ceux d’un serpent, se louvoyant sous l’onde sonore. Les cris sont enragés, et la peine qui en ressort est palpable.

L’onde de choc se ressent partout dans la salle, alors que les musiciens jouent les morceaux du dernier album, Mass VI, plus sombre et éthéré.

Et l’on ressort épuisés, par tant de fureur dévoilée, la masse sonore s’est dissoute. Nous pouvons à nouveau respirer.

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