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Rock en Seine // Day 3

Dernier jour… il ne pleut plus… enfin, une tenue presque estivale. L’affluence est incroyable. C’est un peu comme une combinaison gagnante ; Condition climatique favorable + jour du seigneur + tête d’affiche = record d’affluence, marathon pour courir de scène en scène et surtout choix cornélien… hein la team ?

 


S’il faut décerner une palme pour ces 3 jours, c’est bien à Daidix, qu’il faut la dédier. Car comment expliquer que cet homme arrive à shooter deux concerts à 5 minutes d’intervalles ? Durant ce festival, il nous aura prouvé qu’il est bien le photographe le plus rapide de l’Ouest… parisien. En attendant, voici un petit récap' de ce que les festivaliers munis de leurs places de concert ont pu apprécier…

 


On le disait jeune et fougueux, la mèche sur le côté, bien coiffée, en somme un chic garçon dans le vent qui fait du rock. Miles Kane est à la hauteur des espérances. Alors qu’il arrive sur la scène de l’Industrie, le musicien semble assuré et n’a pas peur d’envoyer du son. Première fois sur scène pour porter son projet solo, il assure en balançant des titres efficaces aux mélodies fluides. On reconnaît de ci de là, la patte du leader de « The Last Shadow Puppets » ou encore de « The Rascals ». C’est propret, énergique, reste qu’il faut encore que sa personnalité et ses compos murissent pour que ce dernier prenne l’envergure qu’il mérite. Gageons que cela ne sera pas trop long !

 


Rapide détour sur la Grande Scène. Il fallait bien que je jette un coup d’œil au phénomène. Ils s’agitent tous sur scène et le public semble apprécier et profiter tant de l’éclaircie que de l’énergie de leur rythmique. Le chanteur Gerard Way, les cheveux peinturlurés de rouge, se donnent à 200%. C’est rageur, l’engagement est total. On finit par être à fond.

 

L’un de mes coups de cœur du festival. Ce quintet « made in UK » a presque réussi à me flanquer la chair de poule grâce à ses lignes mélodiques inspirées, obscures et tourbillonnantes ; avec des guitares accrocheuses et puissantes. Des notes de synthés s’invitent et confèrent à leur univers un esprit « vintage ». Il y a dans leur musique un zeste de Bowie, qui renvoie à la dimension onirique et fabuleuse. Le chanteur Faris Badwan possède un charisme naturel et l’alchimie fonctionne. Je suis envoûtée.

 


Une silhouette s’avance timidement sur la scène de la Cascade. Les musiciens sont déjà en place. Quelques rythmes reggae se libèrent, la mesure est donnée. Nneka est une chanteuse nigériane qui brandit fièrement ses racines. D’un abord simple (on la croirait tout droit sortie de l’école avec son allure si sage), elle ne se la joue pas showbizz ou rockstar et elle en rigole même avec le public. Cependant, son charisme et sa grandeur d’âme transpirent sur scène. Elle met à genoux tous les indécis au bout de quelques minutes. Elle enrage et s’engage, représente l’envie et l’espoir d’une Afrique qui lève la tête et avance. Ce petit bout de jeune femme à la voix haut perchée et n’hésite pas à lancer un long plaidoyer contre l’exploitation de son continent. L’esprit de Bob Marley n’est pas bien loin. Du reggae, de la soul ou encore du hip-hop, rien ne semble l’arrêter. Elle distille les nouveaux titres de son nouvel album et nous gratifie en guise de feux d’artifice, de son superbe et frénétique « Heartbeat ». Le sol vibre, pris de convulsions, secoué par une foule en osmose…  j’en ai encore des frissons !

 


A peine, le tour de chant de Nneka achevé que les premières notes d’Archive résonne là-bas au loin vers la Grande Scène. Un rapide sprint et je me faufile, non loin de la scène. La foule amassée est impressionnante, comme à chacune des éditions du festival, le record d’affluence atteint son paroxysme. Cette année, Archive représente le clou de la soirée, le climax de ces 3 jours intenses.

 


Sur scène, je découvre un orchestre philarmonique, juché au beau milieu de la scène. Une armée de cordes et de cuivres, joue l’introduction de « Controlling Crowds »… C’est splendide ! Des percussions retentissent, une rythmique nerveuse et synthétique s’installe pour accueillir les membres du groupe sur scène. Baroque et majestueux. Les mesures plus électroniques se mélangent alors à la partition, s’enroulent autour d’elle…Ca me prend littéralement aux tripes. Archive nous fait errer entre deux états : conscient et inconscient et nous entraîne dans une musique dichotomique et schizophrénique.
Les chœurs s’élèvent et entonnent « You make me feel », pour offrir une version poignante et magistrale, renforcée par un jeu de lumières complétement hypnotique. La voix cosmique de Poulard Berrier s’enroule comme un lierre autour de la mélodie organique et vivante de « Empty bottle » et donne à cette fusion une beauté quasi mystique. Et lorsque les percussions résonnent, frappent, ce ne sont pas les orages ni les perturbations météorologiques mais le groupe qui fraye par des mélodies acérées avec des influences rock comme sur le titre « System ». Le groupe n’a pas limite, preuve qu’il n’y a pas de chasse gardée et qu’Archive a encore plein de territoires musicaux à explorer.


Je l’attendais… vraiment. Son album tourne en boucle chez moi depuis des mois. Je ne pouvais pas l’éviter. Il fallait que j’y pointe le bout de mon oreille. La sensuelle suédoise malgré le « face à face » avec Archive a trouvé son public. La scène de l’industrie m’est alors apparue toute drapée de noir et embrumée… Au milieu de cette scène mystérieuse et énigmatique, Lykke Li dans une robe en soie noire, les cuisses bottées de noir, les yeux assombris par son maquillage, comme pour trancher avec sa lumineuse chevelure. La voix semble fragile comme de la porcelaine, cependant l’énergie de ses mélodies, me donne envie de sauter partout. A l’instar du titre « I follow rivers » ou encore « Youth Knows No Pain » un titre résolument pop folk et servi par des orgues et des percussions frénétiques, la voix de Lykke Li, est plus puissante que jamais. Lykke Li flotte avec sa voix de fée et ses mélodies légères et acidulées. Dans le public, ça danse, les garçons comme les filles, le charme envoûtant de Lykke Li ne laisse pas indifférent. Tout au contraire.

 

Ainsi s’achève ces trois jours bien remplis… la team s’est dissoute, chacun s’en est allé de son côté, aussi vite qu’elle s’était formée deux jours auparavant. De ces trois jours, j’aurai retenu l’eau qui fait des claquettes, quelques belles découvertes et rencontres musicales, quelques rendez-vous manqués, des festivaliers sans cesse plus nombreux et toujours aussi à fond, un staff de bénévoles « au taquet », bref, une organisation sans faille qui mérite bien son statut de festival incontournable de l’hexagone. Certains diront qu’il y a plus pointu, moins « mainstream »… moi, j’avoue que cette année, j’ai adoré l’ambiance et le choix quasi cornélien. L’an prochain, je resigne, c’est certain.


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