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Interview // Sutja Gutiérrez par Sutja Gutiérrez

fait de la musique que l’on peut qualifier d’ambient (genre qu’habituellement je fuis), voire de pop. Pas forcément ma tasse de thé. Sauf que là, question de timing, c’était le bon son au bon moment. Un, deux, trois titres, EP, albums, j’ai farfouillé, écouté et j’ai aimé (quasiment) tout ! Depuis je le suis de très près. Sutja, c’est une personnalité à part avec un grain de folie, un univers totalement déjanté et vraiment très attachant. Un latin, dans toute sa splendeur espagnole !
Touche-à-tout, il déborde d’activités, coupe, colle, crée, compose en permanence, squatte les réseaux sociaux, sort des EP (à télécharger gratuitement, mieux que des anxiolytiques!) œuvre pour lui même et au sein de .

Quand il a commencé à délirer sur des auto-interviews, j’ai décidé de le prendre au mot. Je lui ai demandé de s’auto-interroger. Avec un résultat loufoco-baroque qui lui ressemble.

Dernier détail, pas des moindres, il est actuellement en concert ici et là en France (dates sur son site) et sera le 30 novembre prochain à l’Espace B à Paris. Et là, je te vois loucher sur ton agenda. T’as déjà programmé M83 ce soir-là. Pas de problème : croise les doigts, si Sutja joue à 18h, tu peux arriver à l’heure à la Gaîté Lyrique pour le lever de rideau. Moi, en tout cas, je tente le doublé !

Je sais que tu es un type adorable, un artiste incroyablement créatif, mais qui es-tu vraiment ?
Bah… Je ne suis pas grand chose, comme toi. Juste un morceau de viande lâché dans le vaste monde qui passe la plupart de son temps à créer des choses. Blah, blah, blah.

Ok mais pourquoi toi ? Ou, si tu préfères pourquoi nous ?
Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? J’en sais rien. Tu devrais peut-être poser cette question à quelqu’un d’intéressant, genre Charlie Mason.

Tout n’est que mensonges mais franchement, tu vas où là avec «Sutja Gutiérrez» ?
En fait, je veux juste montrer au monde entier que je peux faire tout ce que je veux. Tout ce que tu peux voir, entendre de moi sur mon site est vrai à 100%. C’est moi. Simplement moi et ma vérité. Je déteste les gens qui ne font que prétendre faire quelque chose, parler de trucs trash ou qui prétendent porter des fringues cools. Ils me portent sur les nerfs.

Ton nouvel album est presque fini. Pourquoi tu as choisi Cult and Truth comme nom ?
Effectivement, je travaille sur un album avec . On le peaufine pour qu’il sonne le mieux possible.
Cult and Truth, c’est comme si c’était l’avènement d’un nouveau culte.
Cult and Truth, c’est simplement moi qui parle de moi, de toi, des cultes et de la vérite, de l’essence de la vie.
Rien que des questions comme «Pourquoi est-ce que tu me suis ?» «Pourquoi les gens ont-ils besoin de croire à quelque chose ?» «Pourquoi es-tu ton propre Dieu ?», tu vois ce genre de questions existentielles.

Bon et après, quoi ?
J’en sais rien, sauf que je vais continuer à créer des choses.
Peut-être un autre album un peu différent. Et travailler avec plein de gens très sympas. Aurore de Dawn, Affkt, Elektrisk Gonner, Edu Imbernon,…
J’ai aussi une nouvelle vidéo qui va sortir réalisée par Laura Martinova pour un titre de Cult and Truth, ainsi que plusieurs super teasers d’un de mes concerts parisiens filmé par Frank Seiler.

Tu adores toujours autant le sexe ?
J’adore le sexe, j’adore les filles pour toujours et à jamais.

Es-tu amoureux ?
Pas amoureux, mais heureux.
Parfois les gens ont juste besoin d’être heureux. Quand tu es heureux, tu es agréable. Et quand tu es agréable, les gens t’aiment. Quand les gens t’aiment, tu aimes les gens. Et alors, tu es amoureux. Une chose après l’autre, Chérie.

Parfois on a l’impression que tu détestes le monde entier, tu penses quoi des gens ?
Les gens… je n’en pense rien.
Je pense aux amis et aux personnes spéciales à mes yeux, celles qui veulent le mieux et qui espèrent le mieux pour leur vie.
Je ne déteste pas les gens, je joue juste avec eux sur internet et les réseaux sociaux. Parfois je déteste les réseaux sociaux et certaines personnes qui y sont… mais au final je remercie les réseaux d’exister pour faciliter mon travail et répandre facilement l’amour.

Tu passes beaucoup de temps sur internet, le temps, c’est quoi pour toi ?
Oui, internet c’est un peu mon boulot quotidien. J’espère qu’un jour je pourrai embaucher quelqu’un pour faire ça à ma place. Mais pour le moment c’est mon boulot de parler à tout le monde sur internet et de le faire tous les jours.
Mon temps libre, je le consacre à ma musique, à l’art, à mon chien et à ma vie solitaire à Vinaros.

Tu aimes l’Espagne ?
J’ai parfois l’impression de ne pas aimer l’Espagne, mais je pense que c’est un endroit sympa où vivre et mourir. Mais c’est pas endroit où évoluer.
En Espagne, tout va trop lentement. En plus maintenant, on n’a plus d’argent alors les clubs et les galeries ne prennent pas le risque de montrer de nouveaux artistes. Dans certains clubs en Espagne, si tu veux jouer, tu dois payer. On vit en ce moment  une sale période pour l’art et les artistes. Je remercie sincèrement tous les gens qui ne sont pas en Espagne qui aiment ce que je fais et qui veulent me voir faire des concerts. Ça me rend très heureux, et c’est vraiment génial pour moi… et nouveau !

Qu’est-ce que tu peux nous dire sur Nina, ta chienne ?
Je l’adore, elle est géniale. Ce n’est pas un chien, c’est plus que ça !

A tes concerts il y a toujours beaucoup de filles. Pourquoi ça ? Est-ce que tu aimes les filles ?
Oui j’aime les filles… et vous tous aussi, vous aimez les filles.
On ne peut pas vivre sans filles. J’aime voir des filles à mes concerts. Elles sont l’avenir. Parfois y’a des mecs qui viennent à mes concerts parce qu’ils savent qu’il y aura des filles. Facile.

Tu penses quoi de la musique aujourd’hui ? Triste, TRISTE ?
En fait, je me fiche totalement du monde de la musique.
Je m’intéresse à moi et à mes trucs. Je m’intéresserai au reste quand quelqu’un se fera de l’argent avec mon nom. Pour l’instant, j’aime pas parler de ce qui va ou pas dans le monde de la musique, parce que jusqu’à preuve du contraire on est bais** et tout le monde perd du temps à parler au lieu d’agir.

Je sais que tu as fait quelques trucs dans la vague électro/techno. Ça fait quoi de travailler avec Affkt maintenant ?
Bah, travailler avec lui, c’est fabuleux. J’adore ce type, vraiment. Il est si génial, plein d’illusions, c’est ce que je veux dans ma vie. De la créativité 24 heures sur 24. On a plein de projets ensemble pour le futur, de supers projets.

Quelque chose, quelqu’un qui te manque ?
Oui, quelqu’un me manque… Tu me manques aussi !

Alors, merci qui ? Au revoir qui ?
Yelena, Brandy, Juliette, Jodi, Clara, Gabriela, Aurore, Salomé, Laura, Nathalie, Brittney, etc. Merci.
Et au revoir, toi.

Un truc à ajouter ?
Non, là il faut que j’aille me coucher. C’était sympa de papoter avec toi. J’espère qu’on se verra à Paris. J’y serai du 22 novembre au 2 décembre, à jouer, sourire et me balader !

 


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