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Hommage à Miriam Makeba au Cirque d’Hiver

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Vendredi soir, c’est le cœur de l’Afrique qui a raisonné et chanté à l’unisson au pour . a réussi son pari, celui de réunir des chanteuses et chanteurs venus de toute l’Afrique pour célébrer « Mama Afrika » en plein cœur de Paris. Femme de combats, éprise de liberté et grande figure de la lutte contre l’Apartheid, Miriam Makeba n’aurait pas rêvé meilleur hommage. En véritable maîtresse de cérémonie, Angelique Kidjo a invité à tour de rôle sur la piste aux étoiles, d’autres astres comme Asa, , , et Rokia Traoré pour raconter en chansons le parcours de cette femme d’ exception.

21H, dans la cacophonie et l’agitation, le public, venu nombreux, prend place dans ce cirque haut en couleurs et magistral. Les dorures et les velours se marient aux percussions et autres instruments disposés sur la piste. Les musiciens font alors leur apparition, tout y est piano, guitare, basse, percussions et batterie. Au centre de la piste, deux musiciens se font faces. Un vieil homme à l’allure de sage, conte à son jeune compagnon, qui était Miriam Makeba et pourquoi cette soirée lui rend hommage. C’est poignant et son récit au son du djumbé résonne dans toute la salle. Le voyage commence dans une Afrique loin des clichés, belle et colorée, entre tradition et modernité.

Une salve d’applaudissement retentit à l’apparition de la reine de la soirée, Angelique Kidjo, belle et rayonnante. Ses premiers mots, elle les adresse à Miriam Makeba et son militantisme. Elle ne cache pas son admiration et son émotion quand elle avoue qu’enfant, elle chantait déjà avec sa mère sans les comprendre, les paroles militantes de ses chansons. C’est Miriam Makeba qui lui a montré la voie (x), elle qui s’apprêtait à embrasser une carrière d’avocate des droits de l’Homme. Dès lors, c’est un festival de plus d’une heure et demie, où s’enchaînent les morceaux les plus marquants de la carrière de Miriam Makeba : Malaika, Mbube (le lion est mort ce soir), Pata Pata… De la Guinée dont est originaire, Sayon Bamba à la Côte d’Ivoire de Dobet Gnahoré, toutes chantent leurs racines, leur Afrique avec générosité et partage. Les voix s’élèvent et leurs chants sont si puissants que par moment l’émotion me saisit. A noter que les trois choristes qui accompagnent les chanteurs toutes les soirées sont les chœurs d’Afrique du sud accompagnant Miriam Makeba. Le public danse, réagit, applaudit.

L’ambiance est festive. On célèbre dans la joie, c’est aussi ça l’Afrique. Langues africaines, anglais, français, se mélangent et s’unissent. Vusi Mahlasela se présente d’ailleurs sur scène en français, en anglais et en africain. Sa voix est l’une des plus belles de l’Afrique du sud et il est l’une des icônes encore vivantes du combat contre l’apartheid. , c’est encore une autre Afrique, une autre voix. Une décontraction presque un détachement. Elle introduit sa prestation en citant Miriam Makeba en quelques mots : « On dit que je chante de la politique. Je ne chante pas de la politique mais je chante la vérité. » Le public l’acclame et la parole de Makeba continue à faire réagir. Rokia Traoré, est accueillie par de très chauds applaudissements. La chanteuse d’origine malienne est d’une beauté sans pareil et sa voix d’une puissance incontestable. Elle semble doublement émue de pouvoir chanter en l’honneur de Miriam Makeba mais aussi en compagnie d’Angelique Kidjo. Leur complicité est apparente. Cette soirée flamboyante se finit en chanson, le public debout, tous les chanteurs au milieu de la piste, chantant à l’unisson. Je n’ai jamais vu une salle dans un pareil état. C’était magique.

Cette soirée a été marquée par la fraternité, le respect et le militantisme. J’ai découvert une musique africaine belle et novatrice qui n’oublie pas ses racines. Miriam Makeba a fait de sa vie un réel combat et s’est érigée en modèle pour des générations. Elle a fait naître des vocations et ce concert a démontré que la relève était bel et bien assurée.


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