Festival Les Z’eclectiques – Lysistrata / La Jungle

Festival Les Z’eclectiques – Lysistrata / La Jungle

Ce jeudi 15 février, nous nous sommes rendus à Angers afin de participer au festival des Z’Eclectiques, session hivernale.

Les concerts ont lieu dans la salle du Chabada, bien connue pour afficher une programmation variée et qualitative (le Chabada accueille aussi le festival Levitation chaque année pour un rendez vous annuel rock psyché).

Cette fois, l’affiche est plus orientée kraut/math rock avec 2 Boules Vanille, La Jungle et Lysistrata

2 Boules Vanille ont déjà terminé leur set quand nous arrivons, il va donc falloir se chauffer avec de La Jungle.

La Jungle, généreux et festif

A deux sur scène, batteur et guitariste, les belges sont emprunts de folie communicative. Dès les premiers morceaux, l’envie prend à tout le monde de bouger sur les rythmes incessants imposés par le duo. Ainsi, quand le guitariste prend le micro, c’est pour nous remercier d’être présents, puis d’enchaîner sur des borborygmes qui serviront de base sonore pour le morceau suivant. Le groupe est généreux, tant dans la sélection musicale qu’il nous propose ce soir, que dans le partage dont ils font preuve. Leurs boucles expérimentales créent en nous une transe indéniable, et leur folie festive nous rapproche peu à peu de la scène avant une ultime boucle sonore, toujours dynamique et réjouissante.

Quand on sait que le lendemain ils rouleront en direction de Grenoble pour un nouveau concert, on se demande où ils vont chercher toute cette énergie.

Lysistrata, dense et intense

La scène accueille ensuite Lysistrata, groupe phénomène qui joue très fort. Le trio est jeune, et fait preuve d’une grande maturité sur scène comme dans ses compositions. En effet, la musique qu’ils jouent est difficilement appréciable aux oreilles encore intactes, immaculées de la moindre once de notes un peu saturées. Les étiquettes musicales du groupe oscillent entre le math rock, le post hardcore, et c’est leur prestation scénique qui permet de les mesurer leur juste valeur. Certains morceaux comme Answer Machine, aux doux relents de At The Drive In, rassemblent la foule devant un morceau tube.

Le point commun avec La Jungle ou 2 Boules Vanille, c’est aussi les effets de boucles musicales. Ces boucles sont lancinantes, mélancoliques, et une atmosphère de recueillement s’empare du public qui agite la tête au rythme imposé par le trio.

Asylum est leur hymne, et quand ils commencent à le jouer, et la foule est prise d’une transe active. Les trois musiciens prennent tour à tour le chant, telle une chorégraphie bien orchestrée, et décidant de ne valoriser aucune des entités présente sur scène. Leurs morceaux sont denses, techniques, parfois furieux, toujours emprunts d’un spleen fougueux.

Ils l’ont annoncé : ils ne joueront pas de rappel, mais terminent leur set avec un morceau, The boy who stood above the earth, long de plus de 10 minutes fortes, intenses, qui se conclut par un long larsen arraché à nos oreilles en même temps que le jack de l’ampli.

Et nous errons, tels des zombies, laissés pour compte dans la salle après un concert d’une rare intensité, harassés de toute cette énergie brute qui nous a portés pendant toute une soirée.

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