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Les Eurockéennes 2012 – Round 2

Round 2 : Après une courte nuit, les jambes se font lourdes et les yeux sont un peu cernés. Cette nouvelle journée s’annonce intense. Après un rapide briefing dans la navette, la team Ziknation s’organise. Il va falloir se hâter, aller de scènes en scènes toujours plus vite, avec en prime une foule de plus en plus dense. La température à 16h avoisine les 30 degrés. Rien ne nous fera plier, le ciel peut même nous tomber sur la tête, ce soir, on a rendez-vous avec la légende, .


 

– Grande scène

Sur cette grande scène, une jeune femme rousse aux lunettes excentriques, très pin’up des années 50, fait son entrée sur scène. Elle est accompagnée de son band, lui aussi arborant un look  très « happy days ». On ne peut pas se tromper une seconde, Sallie Ford & The Sound Outside affiche leur style et leur couleur musicale. Jusqu’à sa voix très haut-perchée que l’on croirait sortie d’un vieux jukebox, tout y est. Le groupe diffuse une vraie énergie qui fait danser les premiers festivaliers à peine arrivés. A écouter en claquant des doigts et pas besoin d’être nostalgique des fifties pour apprécier !

www.sallieford.com/

 

– La Plage



Je me rends rapidement à la Plage (j’avoue, c’est un peu ma scène favorite !) pour découvrir un groupe originaire de Caen, au nom tout aussi improbable que profane. Bref, des jeunes gens plutôt rompus à la scène à qui un festival comme les Eurockéennes ne fait même plus peur. Aussitôt, ils envoient un rock mélodique et savamment orchestré, s’autorisant quelques fantaisies et délires musicaux. Leur univers pop rock est entrainant et incisif  à l’instar du titre « Pimp » que je trouve vraiment séduisant. Le jeune public de la Plage ne s’y trompe pas, le trio se fait plaisir et ça se voit.

www.jesuschristfashionbarbe.bandcamp.com/album/jesus-christ-fashion-barbe

 

– Esplanade Green Room


Tu aimes les mecs qui crachent partout, qui balancent leur bière sur le public, qui font des gestes obscènes avec leurs micros ?  Tu aimes les mecs qui balancent leurs cheveux aussi vite que leurs ombres… et surtout qui envoient un punk furieux et hardcore ? Tu aimeras donc forcément Cerebral Ballzy. Ces 5 new-Yorkais, menés par Honor Titus ont retourné le public de la Green Room en leur vomissant leur rage en pleine gueule sans aucune concession : une musique brute et saillante (à mettre le feu à la boîte à fusibles !). Les rois du pogo s’en sont donnés à cœur joie… moi, j’ai passé mon tour !

www.cerebralballzy.com

 

-  La Plage

Retour à la Plage et quoi de mieux que d’écouter Django Django les pieds dans le sable. Vous dire que je connais à peine ce groupe serait un mensonge éhonté. Django Django compte parmi mes groupes préférés cette année. Ne les ayant jamais vus sur scène autant vous dire mon impatience. Ces 4 jeunes musiciens anglais ont tout de 4 jeunes garçons dans le vent. Ils sont si cool en bermudas… même affublés de tee-shirts dont je ne voudrais pas même comme pyjamas. Bref, côté musique, malgré un début un peu timide vocalement, Django Django prend peu à peu son envol et offre au public une ambiance estivale sous un ciel encore ensoleillé. Ils savent communiquer sans difficulté au public leur énergie ultra positive.

www.djangodjango.co.uk

 

 -  La Plage

20H. Le soleil décline et fait place à un ciel menaçant et nuageux… c’est à ce moment là que je reçois une alerte push des Eurocks : « Alerte Orange Météo. A partir de maintenant Risques d’orages et forts vents, perturbations possibles de la programmation… ». Une petite montée d’angoisse s’empare de moi.

Tout le monde se presse pour voir le véritable phénomène de l’année : Electric Guest.  Produit par Danger Mouse, le duo californien composé d’Asa Taccone et de Matthew Compton suscite un réel enthousiasme et une vraie attente auprès des plus jeunes. Serait-ce l’énergie que dégage son chanteur Asa, dont le sourire est omniprésent et la joie de se retrouver face à son public est indéniable ? Certainement car on ressent réellement son enthousiasme et sa fougue. Il semble être monté sur des ressorts, ondule et s’éclate littéralement sur la scène. On tombe facilement sous le charme de cette pop ciselée qui puise sa richesse dans un creuset sonore jamais excessif mariant des influences funk, rock, électro et même soul. C’est efficace, léger et tout aussi rafraichissant qu’un bon cocktail sans alcool, dégusté en plein été les doigts de pieds en éventail.

www.electricguest.com

 

– La Plage

Je me décide à rester sur cette même scène et à enchainer sur le mix de Kavinsky. Le Dj fait sensation depuis la sortie du film « Drive » et sa participation remarquée à la B.O. La foule est complètement en transe… « Roadgame » ouvre le bal, le beat compulsif s’enchaine.  Le public commence à chahuter, les esprits s’échauffent. D’autant que Kavinsky, très habile et rompu à l’exercice, s’amuse à faire monter la pression. Son attitude faussement cool, un rien nonchalante, la cigarette suspendue à ses lèvres, conforte les réactions du public. L’alchimie semble fonctionner.

J’abandonne la scène de la Plage en pleine liesse pour m’abriter… un violent orage éclate… un déluge s’abat sur le domaine de Malsaucy. Les festivaliers courent dans tous les sens en quête d’un abri de fortune. Et puis, il y a ceux qui font avec…qui composent ou qui ont prévu le coup.  Je découvre le véritable dress-code des Eurockéennes : Bottes en caoutchouc et K-way.

Suite aux violents orages, la scène de la Plage sera dans l’impossibilité de poursuivre la programmation « electro » pour des raisons techniques… Busy P ou encore Sebastian ne se produiront donc pas. Dommage !

 

The Cure – Grande scène

Le grand moment de la soirée, que dis-je du festival se profile. Après les différents épisodes pluvieux et orageux, le concert de The Cure initialement prévu à 22H30 débute finalement près d’une heure plus tard. Après avoir vu quelques menaces d’annulation se profiler, les fans venus de toute l’Europe ont pu revoir le groupe de légende. J’avoue en toute honnêteté que je n’aurais jamais pensé vivre un concert avec autant d’intensité. Devant un public à la fois curieux et impatient, The Cure a fait mentir ses éventuels détracteurs car le groupe n’a pas pris une ride. Tout d’abord grâce à un Robert Smith, charismatique, qui a conservé la justesse et la puissance émotionnelle de son timbre de voix. Gageüre supplémentaire, le groupe en véritables marathoniens nous a gratifiés de plus de deux heures de live à faire pâlir d’envie certains groupes qui peinent à jouer plus d’une heure. Je retiendrai de ces deux heures, deux fabuleux rappels et un Robert Smith souriant, ne cachant pas son bonheur de retrouver la scène. Egrainant même les minutes le séparant de la fin du concert avec regret. Surprenant et très touchant. Le concert s’achève par les « cultissimes »  titres « Close to me » ou encore « Boys don’t cry » comme pour offrir à son public l’un de ses plus beaux souvenirs et lui permettre de dire : « j’y étais ! ».

 Après cette longue journée, j’ai des images plein la tête… Daidix, lui, les a toutes mises en boîte. Je quitte prématurément le domaine de Malsaucy en évitant à tout prix LA glissade alors que Justice n’a pas commencé à jouer. Je suis fourbue. Les festivaliers se pressent dans la navette du retour dans une apparente bonhomie. Demain marquera la fin de cette déjà très belle 24ème édition des Eurockéennes.  En attendant, repos car le Round 3 promet d’être intense.

La galerie photo complète et en grand, c’est là en dessous !


One comment

  1. Encore une belle édition!

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